Partager les ambiances de la mobilité : un dispositif de traduction et de mise en débat. Atelier participatif.

Résumé : Notre proposition porte sur une recherche ANR en cours qui interroge les évolutions contemporaines des mobilités urbaines à partir de la notion d’ambiance. Cette recherche est structurée en 4 axes problématisant l’articulation entre ambiance et mobilité dans différents contextes : 1. La reconfiguration des formes de partage des ambiances au regard des politiques brésiliennes de pacification des espaces publics (terrain à Salvador da Bahia) ; 2. L'expérience quotidienne de la mobilité à Caracas (Venezuela), dans un contexte où la défaillance des politiques publiques contraint les citadins à composer de façon structurelle avec l'incertain, l'imprévu, le provisoire ; 3. Les ambiances de deux gares (Paris et Londres) au regard des logiques sécuritaires propres à ces pôles d’échange ; 4. Les paradoxes d’ambiances et le rôle des pratiques et dispositifs de seuil dans les régimes sensibles de la mobilité (Paris et Barcelone). Mettant en regard des pratiques de mobilité et des conceptions urbanistiques, une question commune à ces 4 axes est : en quoi la mobilité engage-t-elle une expérience commune, des manières d'éprouver et de partager l'espace urbain ? La recherche s'inscrit en cela dans la perspective d’une critique de l’urbain par le sensible, renvoyant à ce que Rancière nomme le « partage du sensible » : « un partage des espaces, des temps et des formes d’activité qui détermine la manière même dont un commun se prête à participation et dont les uns et les autres ont part à ce partage » (Rancière, 2000, p. 12). Comment la notion d'ambiance permet-elle alors de poser la question de la critique en s'affranchissant d’une position surplombante et d'un discours radical ? Quelles en sont les limites ? Comment nourrir la critique par un travail qui part du sensible, du corps ? (Thomas, 2012) Une hypothèse est que cette critique est possible à partir d'un ancrage empirique privilégiant « un mode mineur de la connaissance » (Laplantine, 2003). En particulier, vis-à-vis de méthodes d'analyse architecturale et urbaine plus classiques, l'intérêt critique d'une analyse par les ambiances tiendrait dans les manières de rendre manifeste l’ordinaire, de mettre à jour ce qui est conçu ou perçu comme évident ou mineur. En ce sens, au cours de la recherche ont émergé des questions relatives au rôle de l'instrumentation (vidéo, prise de son, mesure) dans le travail de terrain et au traitement des matériaux (montés, comparés…), à leur capacité à exprimer/traduire l’expérience ordinaire des lieux. Si nos enquêtes se fondent sur les usages de l'espace et l'expérience du corps, comment rendre compte, communiquer ce qui échappe au langage ? De même, utiliser des protocoles issus de l'auto-ethnographie nous a amenés à prêter une attention à l'engagement sensoriel et corporel, in-situ, du chercheur. Comment, alors, prendre en compte les manières dont nous avons été affectés par nos terrains ? Comment en faire un objet de connaissance mobilisable dans une visée critique ? Afin de mettre à l'épreuve cette perspective critique, nous avons choisi de clore notre recherche au printemps 2014 par un dispositif particulier de traduction et de mise en débat auprès d'un public élargi (concepteurs, usagers, acteurs politiques et associatifs). Ce dispositif prend deux principales formes complémentaires : - un site internet en forme de cartographie de la recherche où seront rendus accessibles les matériaux (notes, photos, vidéos, sons….) et processus de travail (terrain, séminaires …). L'architecture du site est conçue pour faire dialoguer les différents éléments présentés, et ainsi permettre des lectures multiples remettant au travail la recherche. Une attention particulière sera portée à rendre sensible la matérialité de l'expérience corporelle ; - des expérimentations in-situ (parcours commentés, visites audio-guidées…), réalisées sur les terrains de chaque axe avec des partenaires et acteurs locaux ; faisant état des méthodes utilisées sur chaque terrain et incarnant l'analyse des ambiances qui en a été faite, ces expérimentations seront suivies d'un débat avec les participants. Dans le cadre du présent colloque, c'est ce double dispositif que nous souhaitons présenter et porter à la discussion. La forme proposée est un atelier d'environ 1h, qui restera nécessairement à affiner avec les organisateurs avant février. En amont de l'atelier, pendant les premiers temps du colloque, les participants seront invités à consulter le site internet . En séance, l'atelier consistera en un débat structuré autour de la présentation conjointe de la recherche, des questionnements formulés ci-dessus et du dispositif de traduction proposé. En ce sens, en s'appuyant sur la navigation du site internet et sur la présentation des expérimentations in-situ, il s'agira à la fois de "mettre en partage" les questions relatives à la recherche en train de se faire" et de faire état d'une "forme de restitution autre que le texte".
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01193303
Contributor : Laure Brayer <>
Submitted on : Friday, September 4, 2015 - 5:54:07 PM
Last modification on : Monday, May 13, 2019 - 9:50:10 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-01193303, version 1

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Citation

Laure Brayer, Sandra Fiori. Partager les ambiances de la mobilité : un dispositif de traduction et de mise en débat. Atelier participatif.. L’espace en partage : approche interdisciplinaire de la dimension spatiale des rapports sociaux, UMR ESO, Apr 2014, Rennes, France. ⟨halshs-01193303⟩

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