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Paris–Roubaix : l’imaginaire, le politique et le patrimoine

Résumé : La conservation et la valorisation du patrimoine sportif, qu’il soit bâti ou non, sont si peu ancrées dans les pratiques des dirigeants politiques ou sportifs qu’une grande partie des équipements ou des événements à caractère sportif ne font l’objet d’aucun entretien particulier, et tombent de fait fréquemment en désuétude par méconnaissance et de leur valeur et de leur intérêt. Ce constat peut être attesté par de nombreux exemples dont le tremplin de saut à ski de Saint-Nizier-du-Moucherotte dans l’Isère, érigé pour les jeux olympiques de Grenoble de 1968 (photos 1 à 3), constitue le symbole emblématique de la relative illégitimité culturelle dont continue parfois de souffrir l’univers sportif en général. Littéralement abandonné des responsables politiques aussi bien que sportifs, cet équipement se désagrège au fil du temps dans un cadre paysager pourtant exceptionnel donnant un point de vue sur Grenoble et la vallée de l’Isère. Faute d’entretien spécifique, d’imagination et de volonté politiques pour le valoriser, l’équipement, non seulement se délite, mais vient littéralement polluer le point de vue du fait même de sa dégradation et soulève de façon criante la question de la réutilisation des installations olympiques après les jeux, à l’heure où de nouvelles candidatures françaises aux jeux d’hiver sont envisagées. Il ne s’agit cependant pas, pour la présente contribution, de procéder à l’inventaire de tous les objets sportifs laissés pour compte, mais plutôt de réfléchir aux conditions de possibilité d’une valorisation patrimoniale de ces derniers. Partant d’un autre cas qui contraste sérieusement avec le destin malheureux du tremplin de Saint-Nizier, celui de la course cycliste Paris Roubaix, ce travail entend proposer des pistes de réflexion sur les éléments qui permettent effectivement de perpétuer l’événement sportif et de préserver ce qui en fait son principal intérêt, à savoir les multiples secteurs pavés qui en jalonnent le parcours. Trois types de propriétés viennent ainsi se conjuguer et faire de cette course un enjeu suffisamment important pour mobiliser les acteurs locaux autour de sa perpétuation : d’une part la forte charge symbolique et populaire de l’événement, d’autre part le travail de mise en scène du monde ouvrier et de l’identité locale qui construisent le récit de la course à la façon d’une épopée, enfin l’espace de luttes et d’influences multiples dont l’entretien des zones pavées fait l’objet.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01158078
Contributor : Sébastien Fleuriel Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Friday, November 29, 2019 - 1:18:34 PM
Last modification on : Tuesday, October 19, 2021 - 11:43:10 AM

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Fleuriel - Raspaud.pdf
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  • HAL Id : halshs-01158078, version 1

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Sébastien Fleuriel, Michel Raspaud. Paris–Roubaix : l’imaginaire, le politique et le patrimoine. Vivre du patrimoine. Un nouveau modèle de développement ?, L'Harmattan, pp.441-458, 2012, 978-2-296-54964-7. ⟨halshs-01158078⟩

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