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Les verbalisations ordinaires dans la classe : objets furtifs ou variables encombrantes des sciences du langage ?

Résumé : La différence n'a pour langage que le délire interprétatif (M. de Certeau 1990) Sous la glace rigide des savoirs émergent des discours scolaires ritualisés et spontanés, mais aussi des verbalisations plus étranges, longtemps ignorées par la recherche, car rebelles à toute forme de certitude. Toute rencontre entre un savoir et un locuteur est singulière (variabilité des ressources langagières, des genres discursifs, des enjeux et des contextes), mais la classe est aussi ce réservoir où l'on puise des métadiscours spontanés, ces paroles furtives qui ébranlent la tranquillité de l'ordre social de la classe : certains objets préfabriqués, ou « savoirs instables » (par rapport à quoi ?) sont au service de l'inquiétude ou de l'incompréhension parce qu'ils sont insaisissables. Si la grammatisation comme individuation permet de contrôler et d'éviter les idiomes comme dit Auroux (1994), leurs caractéristiques, leur valeur et leur place sont peu clarifiées. La problématique afférente à ces objets de discours réside dans le lien à penser (ou repenser) la valeur didactique de la parole instable qui circule dans l'espace scolaire dominé par des prescriptions normatives souvent exacerbées. La mise en évidence des représentations grammaticales ordinaires, tantôt appelées profanes ou populaires (cf. Paveau ici-même, Gadet 1992, 2003), satisfait la nécessité d'interroger plus finement la longue chaine de reformulation des savoirs scolaires verbalisés : qu'est-ce qui se joue dans cette médiation et qui nous échappe ? Des exemples extraits de corpus variés, qui touchent aux propriétés grammaticales intériorisées par des apprenants natifs presque adultes, serviront à illustrer comment ces classifications conditionnent les pratiques de ces sujets. Mais il est tout aussi intéressant de saisir plus finement l'interdépendance des connaissances des apprenants avec leur imaginaire, relié à l'univers de référence dans lesquels ils naviguent. Exhumant ainsi les comportements subreptices que prennent les formes singulières et bricolées de la langue, nous aurons l'occasion de questionner la coexistence entre l'oralité ordinaire, scolaire et savante, en tant que ciment des activités sociocognitives. Nous verrons qu'en arrière plan du réseau à priori anti-système qui s'est constitué émerge sous la forme d'un continuum, une cohérence d'ensemble dans le travail sur la langue.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01123795
Contributor : Valérie Spaëth <>
Submitted on : Thursday, March 5, 2015 - 2:45:27 PM
Last modification on : Wednesday, September 16, 2020 - 4:18:58 PM
Long-term archiving on: : Saturday, June 6, 2015 - 10:56:11 AM

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PRATIQUES Weber (brut) .pdf
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  • HAL Id : halshs-01123795, version 1

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Corinne Weber. Les verbalisations ordinaires dans la classe : objets furtifs ou variables encombrantes des sciences du langage ?. Pratiques : linguistique, littérature, didactique, Centre de recherche sur les médiations (Crem) - Université de Lorraine 2008, La linguistique populaire ou la valeur des savoirs profanes, pp.219-237. ⟨halshs-01123795⟩

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