Une épistémologie esthétique pour les sciences contemporaines

Résumé : Nous faisons l'hypothèse que l'esthétique doit être mise en jeu dans la production des objets des sciences contemporaines et l'agencement des connaissances qu'ils supposent. L'épistémologie n'y suffirait plus. Sans doute cela a-t-il toujours été. Néanmoins épistémologie et esthétique ont presque toujours été séparées pour la compréhension des sciences, lié à la nécessité d'opposer le rationnel, domaine des sciences, au sensible, domaine du beau. Les objets des sciences, ou attendus d'elles par la société sont devenus à ce point intégratifs de conceptions disciplinaires, ou emprunts de stratégies interdisciplinaires que nous postulons que cette séparation limite aujourd'hui notre compréhension et pensée des nouveaux objets de la science. Nous mettons le symptôme du manque en évidence à partir de trois exemples issus des sciences contemporaines, prises essentiellement dans le domaine de la biologie, la production d'OGMS, les modélisations à l'heure du très haut débit, le management d'un centre de recherche où exercent plusieurs disciplines. Nous montrons que le traitement passe par la mise en jeu de l'épistémologie prise dans sa conception non standard, la seule à même de rendre compte des pratiques scientifiques contemporaines, existantes ou attendues. . Pour cela, il faut une méthode, qui permette, en deçà des disciplines, de construire un espace de traduction générique des propositions disciplinaires. Dans cette démarche générique, les liens entre les sciences et l'humain se manifestent comme une Nouvelle Alliance "sans" disciplines positives. La philosophie non standard lui fournit son assise conceptuelle. Nous revisitons les nouveaux objets des sciences avec ce changement de méthode d'appréhension. et constatons alors l'intrication de la science, de la technique, de l'éthique et de l'Homme. Il n'est plus nécessaire de les opposer pour raisonner, l'espace générique les rend parfaitement distincts. Cette intrication est indispensable à la prise en charge des disciplines en considérant leur hétérogénéité, sans passer ou rechercher un langage commun, forcément limitatif de leur portée et incompatible avec la mise en jeu d'un nombre toujours plus grand de disciplines. Or, si l'épistémologie générique fournit un cadre ommun aux différents régimes de la science, elle pourrait ne pas être suffisante pour suivre les trajectoires de combinaison des connaissances de manière plus singulière. Nous testons l'hypothèse de la complémentarité ou de l'évidence d'une mise en jeu de l'Esthétique, prise également dans sa conception non standard, condition de sa compatibilité avec l'épistémologie. Nous proposons de considérer l'alliance entre épistémologie et esthétique. Elle permet de marquer des niveaux, des superpositions et des dynamiques entre les objets des sciences et l'Homme qui apparait alors comme l'Homme Générique de François Laruelle, et traiter leur intrication par une "conjugaison" des sciences et de la philosophie.
Complete list of metadatas

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01063847
Contributor : Anne-Françoise Schmid <>
Submitted on : Sunday, September 14, 2014 - 12:33:25 PM
Last modification on : Thursday, June 6, 2019 - 1:57:47 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-01063847, version 1

Citation

Anne-Françoise Schmid, Muriel Mambrini-Doudet. Une épistémologie esthétique pour les sciences contemporaines. La philosophie non standard de François Laruelle, Sep 2014, Chateau de Cerisy la Salle, France. ⟨halshs-01063847⟩

Share

Metrics

Record views

365