. Au-terme-de-cette-Étude, interrogation centrale de départ, à propos de la marge d'action des fonctionnaires locaux et de la question plus générale de l'arbitraire. Cette action prend tout son sens quand on la situe tout d'abord vis-à-vis de l'action « centrale » de l'État et du gouvernement, c'est ce qu'on fera d'abord en synthétisant l'action des acteurs collectifs, groupes de personnes qui sont en charge de traiter le problème de politique publique, les « élites 267 » du niveau national. Dans un deuxième temps, la marge locale pourra être interprétée de façon synthétique

P. Roland, et son secrétaire général Alfred Golliard sont des exemples de ces hommes ; (3) les responsables désignés par les organes officiels de la communauté dite israélite, qui siègent notamment au Comité de secours

. Sous-sa-présidence, une résolution qui dénonce « les traitements injustifiables dont sont l'objet les israélites allemands, les assure de sa sympathie 267 En parlant d'élites, au sens de la sociologie, il s'agit de circonscrire le type d'acteurs qui, collectivement, ont un accès privilégié à l'information, à l'action et à la décision de l'action publique, 1933.

. Cependant, Flandin lui confie la présidence d'une Commission composée des ministres des Affaires étrangères, de l'Agriculture et du Travail, qui fait plusieurs propositions en novembre, dont celle d'appliquer plus rigoureusement la loi de 1932 et d'assurer la surveillance accrue des frontières 273 Dans ses mémoires 274 , Herriot se contente de juxtaposer à ce propos les chiffres des chômeurs secourus (350.000) et celui des « 800.000 travailleurs étrangers », à la fin 1934 Il se dit à l'époque « convaincu, comme vous, qu'il faut accorder priorité au travail français 275 ». En 1935, ses positions se font encore plus dures. Il va jusqu'à évoquer à l'Assemblée nationale l'idée d'expulser les étrangers, y compris les réfugiés, qui se sont rendus coupables d'un délit, fût-il mineur 276 . Il devient le président d'un « petit tribunal » de trois personnes, dont le ministre du travail, censé juger du cas des réfugiés. Alors qu'il déclare qu'il ne faut pas confondre le droit d'asile et le droit du travail, Léon Blum lui renvoie l'expression qu'Herriot a autrefois lui-même utilisée, l'accusant d'élever un « mur d'argent entre deux catégories de réfugiés politiques, ceux qui peuvent vivre sans travailler et ceux qui ne peuvent vivre qu'en travaillant » 277 . Or, comme le souligne L. Blum à l'époque, et comme nous l'avons vu, le nombre des réfugiés est minuscule au regard de celui des étrangers et des chômeurs concernés par le marché du travail. Pourtant, c'est la position d'un Herriot qui est la plus partagée au conseil municipal de Lyon car les malades étrangers coûtent cher et ne sont pas refusés dans les hôpitaux locaux 278, 1934.

». Pour-ce-qui-est-de-la-deuxième-catégorie-des-«-Élites and . La-présente-Étude-illustre-leur, Une étude systématique des positions des bureaux et des départements ministériels n'est pas à notre portée On peut cependant insister sur sa résistance à l'établissement d'une législation favorable et accueillante aux réfugiés Au cours de la période étudiée, et, au-delà, comme l'a fort bien montré V. Caron, il n'y a pas cependant d'unité et l'idée d'une politique unique n'est pas vérifiée. Il n'y a donc pas à cette époque de « chef d'orchestre » national, comme l'illustre, au moment de la crise provoquée par les réfugiés de Sarre, en 1935, ce que V. Caron a qualifié de « chaos ministériel 279 ». Pour la troisième catégorie des membres de l'élite, la thèse de V. Caron est tout à fait convaincante, qui oppose la période dans laquelle se situe notre étude, au cours de laquelle ce sont les plus durs (ceux qu'elle désigne comme les « hardliners », comme Jacques Helbronner) qui triomphent, par opposition à ce qui adviendra après 1936, quand des acteurs plus modérés (elle prend comme illustration le rôle de Raymond-Raoul Lambert) prennent la direction du nouveau comité de secours dans les 272