Lex alterius: Using Law to Construct Confessional Boundaries

John Tolan 1
1 RELMIN
MSH Nantes - Maison des Sciences de l'Homme Ange Guépin, CRHIA - Centre de recherches en histoire internationale et Atlantique - EA 1163, UN - Université de Nantes
Résumé : Historiens et anthropologues doivent faire face à un problème méthodologique de taille, sans solution évidente : les outils conceptuels que nous employons pour essayer de comprendre des faits sociaux et culturels sont eux-mêmes les produits, souvent, des sociétés que nous tentons d'analyser. C'est le cas, par exemple de la religion. Daniel Boyarin (2004) affirme que le concept même de " religion " est un produit des IVe et Ve siècles, lors qu'évêques et empereurs érigèrent le christianisme en " religion " (la vraie religion pour eux, bien entendu) et construisirent le " judaïsme " et " l'hellénisme " (ce que nous appelons le paganisme) comme " fausses " religions. Pour Boyarin, le judaïsme ne devient religion qu'à partir du moment que les autorités chrétiennes impériales le définissent en tant que telle. On pourrait dire de même pour l'agglomérat de textes, croyances et rituels que les Britanniques, en arrivant en Inde, rassemblèrent sur l'appellation de " l'hindouisme ", qu'ils définirent comme une religion. Bâtir, définir et policer des frontières entre groups confessionnels a été (et l'est toujours) un moyen important pour construire des identités, ou " visions de communautés " en maintes sociétés, surtout celles dont les dirigeants s'associent au christianisme ou à l'islam, et ce depuis les règnes des premiers empereurs romains chrétiens. Que fallait-il faire ou croire pour être considéré membre de la communauté confessionnelle dirigeante ? Quelles étaient les doctrines, affiliations institutionnelles, ou performances rituelles dont il fallait faire montre ? Comment définissaient d'autres groups religieux ? Quelle en était leur légitimité sociale ? Que faire de ceux qui ne semblaient appartenir à aucun groupe reconnu légitime, qu'on définissait comme hérétiques ou syncrétistes ? Dans cet article, j'étudie les manières dont les juristes chrétiens et musulmans du IVe au XIe siècles employèrent la loi pour définir et policer les frontières entre groups confessionnels, en particulier comment ils tentèrent de limiter les interactions qui risquaient de transgresser ces frontières : la commensalité, la sexualité interconfessionnelle et les pratiques syncrétiques.
Type de document :
Pré-publication, Document de travail
2014
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Contributeur : Nicolas Stefanni <>
Soumis le : lundi 2 juin 2014 - 09:06:59
Dernière modification le : mardi 11 juillet 2017 - 01:03:18
Document(s) archivé(s) le : mardi 2 septembre 2014 - 11:31:56

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John Tolan. Lex alterius: Using Law to Construct Confessional Boundaries. 2014. <halshs-00998402>

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