Otrante. Traumatisme historique, transfiguration littéraire. Sur la perception d'un lieu entre histoire et fiction

Résumé : Il est un lieu à l'extrême sud-est de la péninsule italienne que l'histoire semble avoir violemment extirpé de sa réalité géographique et matérielle en l'année 1480. Il s'agit de la ville d'Otrante qui, depuis sa destruction de la part d'une armée turque et en dépit de sa successive renaissance, appartient bien davantage aux territoires étranges de la littérature qu'à ceux d'un pays et d'une région pourtant bien réels. Otrante ne constitue, certes, qu'un cas d'espèce parmi d'autres, puisque tout lieu est susceptible de faire l'objet d'une perception culturelle, artistique et littéraire, devenant par là même un " paysage " et, pourvu qu'un écrivain s'en saisisse, un " paysage littéraire ". Ce qui fait la spécificité du cas d'Otrante est - me semble-t-il - le caractère traumatisant et soudain de sa métamorphose, qui a transfiguré une ville d'une relative importance politique et économique en un haut-lieu de la littérature européenne moderne et contemporaine. Un haut-lieu ou, peut-être, devrait-on dire un " non-lieu " et en cela précisément un " lieu bizarre ", car le nom d'Otrante est devenu depuis un paradigme, désincarné ou " déterritorialisé ", évoquant violences, drames, atmosphères inquiétantes, sans véritable rapport avec la région et l'histoire locale dans laquelle il est inscrit. Ce caractère " bizarre " configure même, chez certains auteurs contemporains, un locus horridus de passage entre le passé et le présent, la réalité et le rêve, la matérialité et la magie voire l'hallucination. Otrante se situe ainsi à la croisée entre l'histoire particulière d'un lieu et la portée universelle d'une idée, la résonance mythologique d'un fait et d'un nom. Cette contribution se propose de parcourir la " carrière littéraire " d'Otrante, à partir de The Castle of Otranto de Horace Walpole (1764) et du Baron d'Otrante de Voltaire (1769), jusqu'à Otranto de Roberto Cotroneo (Mondadori, 1997). Comment et pourquoi la littérature s'est-elle emparée d'une expérience historique - certes traumatisante mais, somme toute, banale et non exclusive - jusqu'à en faire un fait emblématique ? Telle est la question centrale de la présente contribution, placée entre les rassurantes coordonnées du temps historique et les troublantes suggestions de la littérature et du mythe.
Type de document :
Communication dans un congrès
MORINI A. (éd.), Actes du Colloque Lieux Bizarres (Saint-Etienne, 2010), Nov 2010, Saint-Etienne, France. Presses Universitaires de Saint-Etienne, MORINI A. (éd.), Actes du Colloque Lieux Bizarres (Saint-Etienne, 2010), pp.51-74, 2012
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Contributeur : Giovanni Stranieri <>
Soumis le : jeudi 19 juillet 2018 - 15:25:28
Dernière modification le : jeudi 26 juillet 2018 - 11:37:54

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Giovanni Stranieri. Otrante. Traumatisme historique, transfiguration littéraire. Sur la perception d'un lieu entre histoire et fiction. MORINI A. (éd.), Actes du Colloque Lieux Bizarres (Saint-Etienne, 2010), Nov 2010, Saint-Etienne, France. Presses Universitaires de Saint-Etienne, MORINI A. (éd.), Actes du Colloque Lieux Bizarres (Saint-Etienne, 2010), pp.51-74, 2012. 〈halshs-00967764〉

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