D'un versant à l'autre. Quinze ans de gestion du site transfrontalier Pyrénées-Mont Perdu classé au Patrimoine Mondial

Résumé : Cette communication s'intéresse aux difficultés de gestion des biens du Patrimoine Mondial à travers l'analyse de l'unique site au monde qui soit à la fois mixte (critères naturels et culturels) et transfrontalier : le bien " Pyrénées - Mont Perdu ". Inscrit à la liste du Patrimoine Mondial en 1997, son périmètre a été élargi en 1999 pour atteindre une superficie totale de 30 639 ha. Il s'agit d'un paysage culturel de montagne exceptionnel, centré sur le pic du Mont-Perdu (3 352 m.) et débordant des deux côtés de la frontière entre France et Espagne. Deux des canyons les plus grands et les plus profonds d'Europe (sur le versant sud) y côtoient trois cirques glacières de grande ampleur (versant français). C'est dans cet ensemble géologique rare qu'une véritable société agropastorale s'est développée au long des siècles et jusqu'aujourd'hui. Mais ce paysage culturel est désormais fortement menacé. Face aux difficultés que connaît l'agropastoralisme de montagne, les vallées se reboisent, les troupeaux se concentrent sur des estives de moins en moins nombreuses, les villages se transforment en villégiature et en destination touristique. Autant de domaines dans lesquels les pouvoirs publics locaux, régionaux et nationaux respectifs, peuvent intervenir. Pourtant, 15 ans après son classement, la véritable gestion du bien " Pyrénées-Mont Perdu " demeure quasiment inexistante : ni comité transfrontalier, ni plan de gestion transfrontalier général, ni personnel spécialement affecté au Patrimoine Mondial sur le site. Parmi les trois obligations de résorption de " point noirs " expressément formulées par le Comité du Patrimoine Mondial lors du classement en 1997, une seule a été satisfaite à ce jour. Des évolutions récentes ont cependant été jugées positivement par le Comité du Patrimoine Mondial. Un embrayon de comité directeur " conjoint " a été créé en 2010. Une déclaration de Valeur Universelle exceptionnelle a été rédigée par chaque Etat pour sa seule partie le concernant en 2011. Et les Etats français et espagnols ont dû soumettre au Centre du patrimoine mondial le 1er février 2012 un seul et unique rapport commun sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations de l'UNESCO. " Pyrénées-Mont Perdu " a été à son origine inscrit comme bien transfrontalier mais l'analyse de son cheminement montre qu'il a été géré en parallèle des deux côtés de la frontière avec des collaborations très ponctuelles et à portée limitée. Le potentiel de collaboration transfrontalière existant du fait des relations ancestrales commerciales, agropastorales, politiques et culturelles, celles là mêmes qui ont été classées, n'a jusqu'alors pas été exploité. C'est là que réside toute la complexité de la déclaration de Valeur Universelle Exceptionnelle, et c'est la raison pour laquelle l'analyse du cheminement de ce site transfrontalier unique en Europe et dans le monde a une portée heuristique qui intéresse ce colloque.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00940577
Contributor : Rémi Bénos <>
Submitted on : Saturday, February 1, 2014 - 9:53:41 PM
Last modification on : Friday, October 11, 2019 - 8:22:12 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-00940577, version 1

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Rémi Bénos, Sébastien Rayssac. D'un versant à l'autre. Quinze ans de gestion du site transfrontalier Pyrénées-Mont Perdu classé au Patrimoine Mondial. 40e anniversaire de la Convention du patrimoine mondial (1972-2012). L'invention de la " valeur universelle exceptionnelle ", Nov 2012, Dijon, France. ⟨halshs-00940577⟩

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