Les voûtes angevines de la cathédrale de Poitiers

Résumé : L'ensemble du "parti" architectural de la cathédrale de Poitiers est entièrement soumis à l'usage de la voûte à nervures de type " angevin ", très bombée puisque la clé de la voûte proprement dite, au centre, est beaucoup plus haute que la clé des arcs d'encadrement (près de 3 m). Lorsque la travée voûtée est de plan carré, ainsi dans le vaisseau central, le bombement est de symétrie axiale, c'est-à-dire que les clés des quatre arcs sont situées à la même hauteur. Ce n'est pas le cas pour les travées collatérales, de plan oblong ; naturellement, à l'extrados, les bombements sont plus accentués dans le vaisseau central que dans les collatéraux, en raison de la taille de la figure géométrique de base. Quoi qu'il en soit, contrairement à certains autres exemples, il n'existe aucune ambiguïté : les bombements s'affichent de façon nette dans les combles - ce qui d'ailleurs a posé un certain nombre de problèmes pour la localisation des entraits de la charpente. Le concepteur s'est inspiré des files de coupoles romanes, qui ne sont pas inconnues dans le diocèse de Poitiers (Fontevraud), et qui ont plu aux évêques du Sud-Ouest (Angoulême, Périgueux et Cahors), sans doute pour leur effet majestueux. Il s'est inspiré également de la solution gothique exécutée dès le début des années 50 à la cathédrale d'Angers : l'atteste le traitement des murs latéraux, avec corniche de mi-hauteur portant une coursière de circulation, puis amincissement de la paroi propice à l 'ouverture des baies. Seulement ici cette expression plastique des murs n'est pas associée à un vaisseau unique ; elle enrichit les gouttereaux des vaisseaux latéraux. Le passage contourne les noyaux des points forts, de travée en travée, de porte en porte, dans l'ensemble du périmètre - selon une conception que l'on retrouvera dans les triforiums des cathédrales méridionales. Une véritable structure en halle, telle qu'on la voit dans les trois vaisseaux du chevet, est rare. Elle définit plutôt des ensembles tardifs, notamment dans les pays germaniques. Pourtant elle a toujours constitué une alternative possible, comme le montrent au début du XIIIe siècle la collégiale de Brive et au XIVe siècle la paroissiale Saint-Michel-des-Lions à Limoges. Elle est plus fréquente pour des volumes de taille réduite (chevets de Saint-Serge d'Angers, Saint-Germain de Bourgueil et Saint-Maurice de Chinon, la Trinity Chapel de Salisbury...). Une comparaison plus pertinente sur le plan architectural peut être menée avec les grandes salles d'hôpital de la fin du XIIe siècle en domaine angevin (Hôpital Saint-Jean à Angers, Le Coëffort au Mans), mais elle mérite discussion étant donné la différence de statut et de fonction.
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Chapitre d'ouvrage
Claude Andrault-Schmitt. La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers : enquêtes croisées, Geste éditions, pp.152-157, 2013, 978-2-36746-156-4. 〈http://www.gesteditions.com/〉
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Contributeur : Vanessa Ernst-Maillet <>
Soumis le : lundi 13 janvier 2014 - 10:58:23
Dernière modification le : lundi 19 septembre 2016 - 16:13:25

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Citation

Claude Andrault-Schmitt, Bénédicte Fillion-Braguet. Les voûtes angevines de la cathédrale de Poitiers. Claude Andrault-Schmitt. La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers : enquêtes croisées, Geste éditions, pp.152-157, 2013, 978-2-36746-156-4. 〈http://www.gesteditions.com/〉. 〈halshs-00927518〉

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