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Conference papers

De l'asile à la circulation transnationale. Trajectoires d'Irakiens du Moyen-Orient vers la Suède

Résumé : Les mouvements de réfugiés comme le traitement de leur présence dans leur pays d'accueil sont souvent le reflet des tensions géopolitiques dans une région, l'ouverture, ou la fermeture, sélective des frontières nationales reflétant le plus souvent l'évolution des relations entre Etats, que le respect des normes internationales en vigueur en matière d'asile. Au Moyen-Orient, région particulièrement touchée par les conflits et les tensions politiques, les mouvements de personnes sont des indicateurs géopolitiques majeurs, chaque crise entraînant dans son sillage le déplacement temporaire ou sur le long terme de dizaines de milliers de réfugiés. La notion même d'asile se trouve questionnée, alors que le statut juridique de réfugié, hormis dans le cas palestinien, n'est reconnu par aucun des Etats de la région. Par exemple, l'ouverture des frontières syriennes a apporté aux Irakiens une forme de sanctuaire territorial, où ils ont pu retrouver la sécurité et tenter de retrouver une vie normale à l'abri de la violence et des menaces quotidiennes. Cela a également permis, dans la mesure du possible à de nombreuses familles de se retrouver et de développer des formes de solidarité transnationale pour s'adapter aux changements radicaux qu'ils ont connus. L'émigration des Irakiens suite à la guerre déclenchée en 2003 par la coalition dirigée par les Etats-Unis doit se comprendre dans son contexte régional et s'inscrit dans des temporalités plus longues, réactivant des réseaux familiaux, rompus par l'exil forcés de nombreux Irakiens durant le règne de Saddam Hussein. L'Irak a effectivement, connu depuis le début des années 1980 plusieurs conflits d'envergure qui ont chacun poussé au départ de centaines de milliers de réfugiés. En 2003, à la veille de la chute de Saddam Hussein, le HCR dénombrait 400 000 réfugiés irakiens répartis dans plus de 90 pays, dont plus de la moitié installés en Iran, les autres s'étant dirigés prioritairement vers l'Europe (Allemagne, Pays-Bas et Suède), puis vers les Etats-Unis et l'Australie. 1,5 millions d'Irakiens auraient quitté durablement leur pays entre 1990 et 2002, une part d'entre eux ayant obtenu le statut de réfugié, une large proportion étant en situation d'illégalité dans les pays d'accueil ou de transit. Les migrations irakiennes post 2003 en Suède doivent en conséquence être lues comme l'effet combiné des crises qui ont secoués l'Irak depuis les années 1980, de politiques migratoires en Suède plus ou moins restrictives, de dynamiques propres (regroupement familial), ainsi que de liens migratoires plus anciens. Cependant, l'évolution des politiques d'asile mises en place par la Suède comme l'évolution de la situation en Irak n'expliquent qu'en partie l'évolution de ce flux migratoire, dont une partie non négligeable échappe aux logiques de l'asile stricto sensu. Les logiques de circulation transnationales développées par les familles irakiennes, qui connectent différents espaces d'asile en Europe et au Moyen-Orient offrent une grille de lecture appropriée, qui permet de comprendre les logiques qui sous tendent les migrations irakiennes actuelles. Ces dernières s'inscrivant dans un espace de circulation transfrontalière tant dans leur région d'origine qu'en Europe.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00880073
Contributor : Kamel Doraï Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Tuesday, November 5, 2013 - 12:33:22 PM
Last modification on : Wednesday, October 20, 2021 - 3:22:12 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-00880073, version 1

Citation

Kamel Doraï. De l'asile à la circulation transnationale. Trajectoires d'Irakiens du Moyen-Orient vers la Suède. La Fabrica de las migraciones. Perspectivas desde México - Centroamérica y Maghreb - Machrek, Oct 2013, México, Mexique. ⟨halshs-00880073⟩

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