Le collège de Compiègne des séculiers aux jésuites (1571-1654). À quoi tient la supériorité congréganiste ?

Boris Noguès 1
1 LARHRA SAVOIRS - Savoirs
LARHRA - LAboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes - UMR5190
Résumé : Le développement des congrégations enseignantes constitue l'un des phénomènes les plus marquants de la période moderne en matière d'éducation 1. Dans bien des villes, les anciens collèges séculiers, dont certains remontaient au moyen âge, sont repris par les jésuites, les oratoriens, les pères de la doctrine chrétienne ou d'autres encore. L'histoire du collège de Compiègne illustre parfaitement ce mouvement. C'est celle d'un modeste établissement municipal, créé comme tant d'autres à la fin du XVI e siècle, au moment où le mouvement humaniste se transforme en une pratique scolaire, avec l'enseignement des « humanités. » L'établissement compiégnois est par la suite confié aux jésuites, jusqu'en 1762. Si une telle évolution est courante, elle n'est cependant pas systématique, car la plupart des établissements français conservent jusqu'à la Révolution leur statut et leur organisation traditionnels 2. Minoritaires, les établissements congréganistes, et particulièrement les collèges jésuites, n'en restent pas moins les plus célèbres de la période. Plutôt hostile aux jésuites, Gabriel Compayré reconnaît ainsi volontiers que la Compagnie « est incontestablement au premier rang parmi les congrégations enseignantes, quelque jugement que l'on porte d'ailleurs sur l'esprit de sa pédagogie 3. » Mais, s'ils se démarquent d'une approche hagiographique 4 , les historiens comme Compayré expliquent simplement ce succès par la qualité de l'enseignement des jésuites et par la nouveauté de leurs pratiques pédagogiques, sans mener de comparaison serrée avec l'offre alternative que représentent alors les collèges séculiers. Il est vrai que l'historiographie de l'éducation de la période moderne s'est longtemps divisée en deux courants antagonistes (les membres des congrégations écrivant leur propre histoire et leurs adversaires, plus attachés à l'histoire de l'université séculière), ce qui n'a guère favorisé une approche globale de la question. On se propose donc de présenter ici, à partir de 1 Sur ce mouvement et en particulier sur l'implantation des jésuites voir Henri Fouqueray (S.J., le P.), Histoire de la Compagnie de Jésus en France, des origines à la suppression (1528-1762), Paris, Picard, 1910-1925 ; Pierre Delattre (S.J., Le P.), Les établissements des Jésuites en France depuis quatre siècles, Enghien (Belgique), 1940-1957 ; François de Dainville (S.J., le P.), L'éducation des jésuites (XVIe-XVIIIe siècles), Paris, Éditions de Minuit, 1978, en particulier p. 53-73 ; Roger Chartier, Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, L'éducation en France du XVI e au XVIII e siècle, Paris, SEDES, 1976, p. 167 et 186-190, ainsi que les notices contenues dans l'ouvrage de M.-M. Compère et D. Julia, Les collèges français (XVI e-XVIII e siècles), Répertoire, t.
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Bulletin de la société historique de Compiègne, 2013, pp.159-179
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Soumis le : mardi 8 janvier 2019 - 19:18:06
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Boris Noguès. Le collège de Compiègne des séculiers aux jésuites (1571-1654). À quoi tient la supériorité congréganiste ?. Bulletin de la société historique de Compiègne, 2013, pp.159-179. 〈halshs-00874306〉

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