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Conference papers

Les femmes membres de gouvernement : ouverture du recrutement politique ou reproduction des élites politiques ?

Résumé : Dans un contexte de discours sur la " crise de la représentation politique ", qui fait de la parité un " remède " à cette crise, les débats sur la représentation des femmes en politique n'ont pas été sans effet au centre du champ politique. Si la réalité a souvent peiné à suivre les effets d'annonce, la présence des femmes au gouvernement a progressé de manière non négligeable au cours de la Ve République : le gouvernement Ayrault est ainsi le premier gouvernement de la Ve République à assurer la parité entre hommes et femmes, ce qui ne doit pas masquer l'absence de parité au sein des précédents gouvernements (on compte un quart de femmes parmi les membres de gouvernement entre 1986 et 2012). Ce papier analyse les profils sociopolitiques des femmes qui entrent dans les différents gouvernements de la Vème République et leurs positions en leur sein. Au sein des différents gouvernements de la Vème République, les femmes sont-elles caractéristiques d'une ouverture du recrutement politique, ou au contraire des symboles d'une reproduction des élites politiques ? Nous mobilisons une base de données que nous avons constituée sur les caractéristiques sociodémographiques et les trajectoires politiques et gouvernementales des membres de gouvernement français depuis 1986. La base rassemble les 349 individus présents dans un ou plusieurs des 11 gouvernements de la période étudiée (1986-2012). Les profils des membres de gouvernement sont caractérisés par près de 70 indicateurs de leurs propriétés sociodémographiques (année de naissance, genre, niveau et type d'études, institutions scolaires fréquentées, profession antérieure, etc.) et de leurs trajectoires politiques : mandats exercés et positions occupées (passage par une fonction de collaborateur politique, présence dans les différents gouvernements, nature du portefeuille gouvernemental, longévité aux différentes positions, etc.). La carrière politique de chaque individu a été retracée à partir de l'obtention de leur premier mandat (ou à défaut de l'entrée au gouvernement) jusqu'à la période présente ou jusqu'à la fin de leur carrière politique. L' analyse de ces données montre que les femmes se distinguent de leurs homologues masculins davantage par leurs trajectoires politiques que par leurs trajectoires sociales : elles présentent généralement des carrières politiques plus courtes, moins diversifiées et moins légitimes. Ceci est d'autant plus vrai à droite qu'à gauche, où les femmes ministres présentent des carrières plus proches de celles de leurs homologues masculins. Ces trajectoires d'entrée moins légitimes se traduisent par une division genrée du travail exécutif, les femmes occupant des positions plus " dominées " que les hommes au sein du gouvernement. Plus généralement, la typologie des carrières politique permet de distinguer, au sein de la population des femmes, celles qui s'appuient sur un important capital politique et ont donc des carrières proches de celles des hommes (Michèle Alliot-Marie étant un exemple caractéristique), de celles qui, dépourvues de capitaux politiques, doivent leur entrée au gouvernement à d'autres types de ressources, plus symboliques (appartenance à la société civile par exemple, cf. Claudie Haigneré).
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00856342
Contributor : Valentin Behr <>
Submitted on : Saturday, August 31, 2013 - 10:41:54 AM
Last modification on : Monday, January 6, 2020 - 10:08:04 AM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-00856342, version 1

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Citation

Valentin Behr, Sébastien Michon. Les femmes membres de gouvernement : ouverture du recrutement politique ou reproduction des élites politiques ?. Congrès de l'Association française de sociologie. RT 42 "Sociologie des élites", Sep 2013, Nantes, France. ⟨halshs-00856342⟩

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