Mgr Pompallier face à la colonisation britannique en Nouvelle-Zélande de 1840 à 1845.

Résumé : Conclusion du chapitre : La prise de possession de la souveraineté de la terre maorie par les Britanniques se traduit par un ébranlement de l'univers néo-zélandais provoquant des oppositions entre les chefs maoris. Pour les missionnaires protestants l'appétit foncier insatiable des colons représentait un danger et la colonisation anglaise était une sécurité car elle instaurait un État de droit avec des lois. Or, l'intervention de Mgr Pompallier lors de la signature du traité de Waitangi en faveur de la liberté religieuse, et pour le respect des coutumes maories les prend de vitesse. De facto, la proclamation officielle du 4° article du traité, fonde de droit la reconnaissance de l'existence culturelle des Maoris. Cet article devait constituer un garde-fou face à un possible arbitraire du Gouvernement colonial. Champion de la cause des Maoris et de leurs coutumes, l'évêque devenait un chef avec un " mana " exceptionnel que l'on venait consulter. Il était un Maori parmi les Maoris. Après la signature du traité, le Gouverneur assure l'évêque de sa protection, il lui offre même des avantages fiscaux et fonciers. Les relations restent cordiales. Le Gouverneur se montre généreux à l'égard de la mission catholique dont il ne peut négliger l'influence sur les Maoris. Or, tout bascule avec la première guerre maorie en 1845, conduite par le plus grand chef protestant de la Baie des îles, Hone-Heke. Avant et pendant les hostilités, Mgr Pompallier intervient auprès des chefs révoltés en faveur de la paix. Mais, les Maoris ne touchent pas aux bâtiments catholiques de Kororareka, et offrent leur protection à la mission. Il devient alors suspect aux yeux des Anglais, qui ne peuvent croire à la neutralité de l'évêque français. Le Gouverneur confondant le combat de Mgr Pompallier contre le protestantisme avec des attaques contre les Anglais, l'accuse d'avoir soutenu la révolte. Or, les lettres et les faits démentent ces accusations. Le chef catholique Rewa n'a pas participé au combat et a même offert ses services au gouvernement colonial. Il est vrai que l'évêque n'a jamais condamné la position des chefs maoris pensant que leur cause était juste. En revanche, il refusait la guerre comme moyen de faire valoir leurs droits bafoués. L'attitude de Mgr Pompallier s'explique dans une perspective globale. Défenseur des Maoris, aimé et respecté par eux, catholiques, protestants ou " païens ", il a bénéficié de leurs protections dans le conflit car assimilé par Hone-Heke et Kawiti à un chef comme eux. D'autre part, Mgr Pompallier n'était pas en Nouvelle-Zélande pour faire le jeu ou s'opposer au gouvernement colonial britannique dont il n'a jamais souhaité la présence. En réalité, la guerre a fonctionné comme un révélateur inattendu : les chefs maoris catholiques et protestants ont montré qu'ils préféraient le désintéressement d'Epikopo. La guerre a accru le " mana " de la mission catholique provoquant l'amertume des protestants. Ils sont les perdants dans ces événements, car trop liés au gouvernement colonial. En définitive, Mgr Pompallier par son rayonnement auprès des Maoris et les conseils qu'il leur dispensait, a excité bien des jalousies. Hobson et Fitz-Roy n'ont pas hésité à le rendre responsable de l'opposition des Maoris au traité de Waitangi et de leurs échecs politiques. Mgr Pompallier a servi de bouc-émissaire d'autant plus facilement qu'il n'a jamais vraiment cherché à se disculper. Ce n'est qu'en 1849, lorsqu'il publie le bilan de son œuvre que le Gouvernement britannique peut se rendre compte de l'honnêteté de l'évêque. Sa naturalisation comme citoyen britannique en 1850 et les différentes publications finissent par éclairer les esprits sur les réelles motivations de la mission catholique et de son évêque.
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Contributor : Yannick Essertel <>
Submitted on : Wednesday, July 10, 2013 - 7:57:23 PM
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Yannick Essertel. Mgr Pompallier face à la colonisation britannique en Nouvelle-Zélande de 1840 à 1845.. IESR et INRP. Religions et colonisation, Afrique, Asie, Océanie, Amériques, XVIe-XXe siècle, sous la direction de Dominique Borne et Benoît Falaize., Editions de L'Atelier, p. 214-226, 2009, 978-27082-4032-2. ⟨halshs-00843228⟩

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