Vidas et miniatures dans les chansonniers occitans A, I et K : un " double filtre métatextuel " ?

Résumé : [extraits du début de l'article] Lorsque des troubadours, dès la fin du XIIe siècle, prennent le chemin de l'Italie et de ses cours, ils emmènent avec eux une lyrique destinée à y connaître une nouvelle floraison. Cette implantation en Italie du Nord de la lyrique occitane explique le rôle joué par la Vénétie comme " conservatoire " de la poésie des troubadours. Elle induit également le besoin d'explicitation et de contextualisation des poèmes de la lyrique occitane, causé par un décalage à la fois chronologique, géographique et linguistique, qui donne naissance à un corpus de textes que nous qualifions de biographies des troubadours depuis Raynouard, et qui regroupe des commentaires d'un poème particulier, les razos, et des biographies générales des troubadours, les vidas. Ces dernières tirent leurs informations des poèmes d'un troubadour et d'un nombre restreint d'autres sources pour en retour expliciter les poèmes, en fixer une interprétation, une exégèse presque, fondée sur la vie de leur auteur, dans un mouvement que Laura Kendrick qualifie de " circularité herméneutique ". C'est dans ce contexte de développement d'un canon que se déroule un phénomène de mise par écrit de la lyrique occitane, qui donne naissance, au cours de la deuxième moitié du XIIIe siècle, aux premiers chansonniers occitans que nous ayons conservés. Parmi ceux-ci, un groupe se distingue par la présence de vidas, de miniatures et par un modèle de mise en page particulier. Il s'agit des chansonniers AIK, tous trois vénètes, voire, d'après les développements historiographiques les plus récents, originaires de Venise même, et datant du dernier quart du XIIIe siècle, auxquels on pourrait ajouter le chansonnier B, quoique son lieu d'origine soit sujet à débat et qu'en dépit des espaces réservés les miniatures n'y aient jamais été ajoutées. (...) La division en trois grandes sections et l'ordre dans lequel se suivent les sous-sections consacrées à chaque auteur sont conçus comme un moyen d'établir une hiérarchie entre les genres, les textes et les auteurs. (...) Vidas et miniatures participent également de ce mouvement, comme on peut le voir dans la structuration des sections d'auteurs, qui débutent par la vida à l'encre rouge, et une miniature représentant le troubadour, souvent décrite comme un portrait, et contenue dans l'initiale du premier poème. Maria-Luisa Meneghetti qualifie de " doppio filtro metatestuale " cette biographie, qui emprunte la majeure partie de ses éléments aux œuvres du troubadour, et ce portrait, " che trasforma il racconto biografico in una sorta di flash esemplare ". La question demeure toutefois des modalités de cette transformation, des outils employés par l'image, et des sources autres que la vida auxquelles elle pourrait puiser. En quelques mots : peut-on superposer ces deux filtres ?
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Communication dans un congrès
Sandrine Hériché-Pradeau et Maud Pérez-Simon. Quand l'Image relit le texte, Mar 2011, Paris, France. Presses Sorbonne Nouvelle, pp.201-219, 2013
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Contributeur : Jean-Baptiste Camps <>
Soumis le : lundi 20 mai 2013 - 15:12:50
Dernière modification le : mardi 21 mai 2013 - 11:27:45
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Jean-Baptiste Camps. Vidas et miniatures dans les chansonniers occitans A, I et K : un " double filtre métatextuel " ?. Sandrine Hériché-Pradeau et Maud Pérez-Simon. Quand l'Image relit le texte, Mar 2011, Paris, France. Presses Sorbonne Nouvelle, pp.201-219, 2013. <halshs-00824002>

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