Corps au Travail, introduction

Résumé : Des milliers de personnes sans travail, des intérimaires à la merci du jeu capitaliste, des violences commises dans les relations de travail, des blessures par accidents de travail, une épidémie de maladies professionnelles, des intoxications par le travail... Les formes de précarité (Le Blanc, 2007) se diversifient, se développent et touchent les individus dans leur chair. Le travail, comme aventure individuelle et collective, ne peut jamais se réduire à une quantité de plus value ou de marchandises, qu'elle soit exprimée en termes d'emplois, de volumes horaires, de résultats productifs. Il ne peut être réduit non plus à sa dimension effectrice, au mouvement, à la posture adoptée. Tout travail suppose une mobilisation physique, cognitive et subjective de celui ou celle qui l'exerce, en lien avec d'autres acteurs, dans un cadre partiellement contraint, mobilisation que les ergonomes appellent " activité de travail ". Il convient de dénoncer les approches réductrices du travail : l'ignorance dont elles témoignent conduit aujourd'hui, d'une part, à des décisions conséquentes en matière de gestion des ressources humaines et de choix organisationnels et, d'autre part, à des actions inefficaces en matière de santé au travail. Le travail peut être source de développement des individus et des sociétés mais il peut aussi engendrer contraintes et souffrance. Le travail engage celui qui le réalise : par l'effort, le corps intensément mobilisé en tant qu'instrument du pouvoir d'agir, et par le geste technique/professionnel qui constitue la modalité opérationnelle située, finalisée et socialement construite de ce pouvoir d'agir, les travailleurs tentent de gérer à leur manière les contradictions éventuelles des interactions avec leur milieu (Coutarel, 2008). De cette tension corporellement ancrée avec son milieu, le travailleur ne sort pas inchangé : développement personnel, reconnaissance, estime de soi... ou bien, souffrance, stress, troubles musculo-squelettiques. Face à cette seconde alternative, le désengagement ou la posture de retrait vis-à-vis du travail constituent souvent d'ultimes et éphémères défenses.
Document type :
Journal articles
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00763338
Contributor : Fabien Coutarel <>
Submitted on : Monday, December 10, 2012 - 3:34:46 PM
Last modification on : Monday, October 22, 2018 - 12:48:10 PM

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  • HAL Id : halshs-00763338, version 1

Citation

Fabien Coutarel, Bernard Andrieu. Corps au Travail, introduction. Corps : Revue interdisciplinaire, Dilecta, 2009, pp.11-13. ⟨halshs-00763338⟩

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