Le pan-propositionnalisme de Jean Wyclif

Résumé : L'étude expose la genèse ainsi que les implications logiques et sémantiques de l'équation fondatrice de la métaphysique du Doctor evangelicus : " ens = propositio ". Si elle ne veut pas tomber dans la pure et simple trivialité, une telle " mise en abîme " de la notion de proposition ne peut être opérée qu'à l'intérieur d'un système pourvu de distinctions théoriques capables de rendre compte adéquatement de la différence entre un langage et ses objets, et plus particulièrement, du fonctionnement sémantique de ses propositions : poser que tout ens est une proposition exige que soit faite une distinction claire entre les " propositions-mots " et les " propositions-choses ", entre les " propositions-signes " et les " propositions-signifiés ", entre, enfin, les propositions fonctionnant comme " vériporteurs " (truth-bearers) et celles qui agissent comme " vérifacteurs " (truth-makers). Notre point de départ est la notion de proposition élaborée par Wylcif dans le chapitre 5 de la Logica. Le logicien anglais n'y dénombre pas moins de cinq types propositionnels, à savoir les propositions mentalis, in voce, scripta, realis et sic esse sicut propositio significat. On voit se dessiner ici une articulation essentielle entre le logique et l'ontologique, articulation que nous tenterons de suivre selon trois axes principaux : (a) celui de la théorie de la prédication, (b) celui de la sémantique des propositions et (c) celui de la théorie de la vérité propositionnelle. Nous nous intéresserons en particulier à la propositio realis et à l'ens logicum, les mettant en relation, l'une et l'autre, avec la notion de propositio in re développée par Gauthier Burley. Il résultera de cette comparaison que s'il existe, dans la philosophie de Wyclif, un écho de la propositio in re de Burley, il réside davantage dans l'ens logicum que dans la propositio realis. En conclusion, nous aborderons, d'une part, la question de la sémantique des propositions dites " non-standard " - comme les propositions au passé, au futur ou encore les propositions fausses - , et, de l'autre, celle du statut des propositions nécessairement vraies et de leur relation avec l' " archi-proposition " qu'est Dieu lui-même. On montrera ainsi (a) que l'ontologie de Wyclif présente une notion d'ens suffisamment articulée pour disposer d'une sémantique propositionnelle dans les cas dits " non-standard " et (b) que, s'il s'inscrit indubitablement dans un cadre présupposant un Créateur comme premier principe, le " pan-propositionnalisme " de Wyclif fonctionne de manière autonome à l'intérieur du créé, et peut, de ce fait, être qualifié de " réalisme terrestre ".
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Vivarium, Brill Academic Publishers, 2005, pp.124-155. 〈10.1163/1568534054068384〉
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Contributeur : Laurent Cesalli <>
Soumis le : vendredi 9 novembre 2012 - 05:57:59
Dernière modification le : mardi 3 juillet 2018 - 11:22:38

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Laurent Cesalli. Le pan-propositionnalisme de Jean Wyclif. Vivarium, Brill Academic Publishers, 2005, pp.124-155. 〈10.1163/1568534054068384〉. 〈halshs-00750070〉

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