La fabrication des timbres-poste. Les procédés d'impression

Résumé : Le 1er janvier 1849, le premier timbre-poste voit officiellement le jour en France. Cette décision prise par un décret-loi du 24 d'août 1848 précipite l'administration des finances dont dépend alors l'administration des Postes pour organiser un nouveau service, adopter un dessin, trouver un graveur pour réaliser la gravure du poinçon mais, avant tout, pour créer un atelier qui n'existait pas jusque-là. Pour assurer cette impression en grand nombre, la fabrication est placée sous le contrôle de la Commission des Monnaies et Médailles dépendant également des Finances. La fabrication des clichés du premier timbre au profil de Cérès, dessiné et gravé par Jacques-Jean Barre est confiée à Anatole Hulot, spécialiste de galvanoplastie. Le tirage est confié à l'imprimeur Tacquin dont les ateliers sont aménagés à l'Hôtel des Monnaies. Anatole Hulot deviendra ultérieurement directeur de la fabrication des timbres-poste. En 1875, l'administration des Postes demande à la Banque de France de procéder à l'impression des timbres-poste à partir du 1er janvier 1876. En 1880, l'administration des Postes rachète le matériel d'imprimerie et se voit confier la totalité de la production des timbres fiscaux et de diverses valeurs fiduciaires, pour le compte de la Direction générale des impôts et de quelques administrations étrangères francophones ainsi que l'impression du papier timbré sur demande du ministère de la Justice. Mais avec l'arrivée de nouvelles technologies et notamment de l'impression en héliogravure, un nouveau transfert de l'imprimerie est décidé en 1968. L'implantation est réalisée dans la zone industrielle de Boulazac près de Périgueux (Dordogne). L'ouverture a lieu le 5 juin 1970 et un changement de nom l'accompagne. " L'Imprimerie des Timbres-poste " devient, en 1973, " Imprimerie des Timbres-poste et des Valeurs Fiduciaires " désormais connue sous le sigle ITVF. En 1983, le Service philatélique de la Poste s'installe à Périgueux sur décision du ministre des Postes, Louis Mexandeau. Ce service est chargé des commandes philatéliques et du service d'abonnement aux timbres-poste de France, des notices philatéliques et de leur diffusion. En 1989, l'imprimerie est intégrée comme unité de production dans le Service national des Timbres-poste et de la Philatélie (SNTP), chargé de la gestion des émissions philatéliques de la Poste française. En mars 2006, alors que le SNTP devient Phil@poste, l'Imprimerie prend le nom de " Phil@poste-Boulazac ". Les premiers timbres sont imprimés en typographie à plat, et pendant le transfert de la fabrication de la Monnaie à Bordeaux, lors du Siège de Paris pendant la guerre de 1870-1871, en lithographie. L'impression en taille-douce a été introduite à l'atelier en 1927, grâce au crédit mis à disposition par la caisse autonome d'amortissement (impression à plat). Le premier timbre imprimé en taille-douce rotative est, en 1929, " Le Port de La Rochelle ". La typographie reste cependant la méthode la plus utilisée pour les timbres d'usage courant. Pendant près de quarante ans, l'atelier sous-traitera les impressions en héliogravure à l'industrie privée. En 1977, l'imprimerie acquiert une rotative offset quatre couleurs pour imprimer les notices philatéliques accompagnant les émissions de timbres de France et d'Andorre. À partir de 1984, grâce à un second équipement offset, les premiers timbres imprimés dans cette technique verront le jour. Vers 1950, l'atelier parisien fabrique environ 3 500 millions de timbres en feuille. Dans les années 1990 l'ITVF en produit autant mais la fabrication de carnets de timbres est de 100 millions par an tandis que celle des figurines autocollantes de 150 millions. Inutile de dire que l'imprimerie est considérée dans les années 1980 comme un fleuron de la technique d'impression française. Aujourd'hui, elle est équipée de près de soixante-dix machines allant de la clicherie au façonnage, en passant par l'impression qui se décline aujourd'hui en trois modes : la taille-douce, l'offset et l'héliogravure. L'intégration de tous les stades de fabrication du timbre est l'un des atouts majeurs de l'imprimerie qui emploie aujourd'hui deux graveurs : Elsa Catelin, depuis janvier 2004 et Pierre Bara, depuis juillet 2009, tous les deux diplômés de l'école Estienne. Les procédés de fabrication des timbres décrits ici sont les mêmes que pour l'estmape : on retrouve la typographie ; la taille-douce ; la lithographie ; l'héliogravure et l'offset En relief ou en creux, sur rotative ou à plat, le timbre connaît toutes les techniques d'impression. Si l'imprimerie a suivi l'évolution des procédés technologiques jusqu'à être à la pointe de l'innovation, la technologie, le savoir-faire et les techniques anciennes sont encore à la base du métier d'imprimeur. En revanche, si la typographie et la lithographie ont progressivement laissé la place à l'héliogravure et l'offset, la traditionnelle taille-douce, bien que moins présente que dans les années 1980 durant lesquels 90 % des timbres étaient gravés en creux, s'est installée durablement et a encore de beaux jours devant elle soutenue fortement par une association de dessinateurs et graveurs Art du timbre gravé, créée en 2005.
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Article dans une revue
Nouvelles de l'estampe, Comité National de la Gravure Française, 2012, pp.30-45
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Soumis le : mardi 21 août 2012 - 16:26:22
Dernière modification le : mardi 21 août 2012 - 16:26:22

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Monika Nowacka, Jean-François Brun. La fabrication des timbres-poste. Les procédés d'impression. Nouvelles de l'estampe, Comité National de la Gravure Française, 2012, pp.30-45. 〈halshs-00724584〉

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