Skip to Main content Skip to Navigation
Reports

Pech Maho (Sigean, Aude) 2011

Résumé : Avec pour objectif l'achèvement du programme initié en 2004, la campagne de fouille 2011 a été l'occasion de finaliser la quasi-totalité des travaux entrepris sur les trois zones ouvertes à l'occasion de ce programme centré sur les problématiques relatives aux derniers temps de l'occupation du site. Les travaux ont ainsi porté en premier lieu sur la fortification (zone 71) aux abords méridionaux de la porte principale. La fouille a ainsi permis de compléter la stratigraphie du sondage ouvert au niveau de la terrasse d'accès du IIIe s. av. n. ère. Il a été possible d'observer ici l'extrémité occidentale des deux fossés qui se succèdent durant l'époque archaïque, l'un attribuable à la phase Ia (v. -560/-540), l'autre à la phase Ib/Ic (-540/-450), confirmant au passage l'hypothèse d'un accès frontal à la porte principale dont l'emplacement n'a pas été changé au cours des siècles. Parallèlement, le fossé du IIIe s., précédé de la terrasse délimitant la rampe d'accès, a fait l'objet d'une fouille extensive, mettant en évidence l' ampleur jusque-là insoupçonnée de cet ouvrage fossoyé. La stratigraphie de son comblement a été traitée de manière à visualiser les périodes d'utilisation puis d'abandon. Au-dessus des niveaux de destruction de la fin du IIIe s., l'existence d'un dépôt à caractère rituel associant ossements animaux (équidés), restes humains et mobilier métallique, existence révélée en 2010, a pu faire l'objet d'observations complémentaires donnant encore plus de relief à cette phase singulière (Pech Maho IV) désormais bien documentée sur l'ensemble du site. Au niveau de l'îlot I (zone 77), la fouille des niveaux sous-jacents au vaste dépotoir cendreux et au bûcher collectif liés à la phase Peh Maho IV a permis d'appréhender dans sa quasi-totalité les constructions de la phase III. Un vaste bâtiment occupant une superficie de plus de 160 m2 associe un espace métallurgique à une probable cour intérieure et une pièce à fonction encore indéterminée. La fouille de cette dernière, incendiée au moment de la destruction du dernier quart du IIIe s., n'a en effet pu être achevée. En l'état actuel de la documentation, cette unité fonctionnelle s'inscrit parfaitement dans la logique qui préside à l'ensemble des constructions de l'îlot I (réserve étant faite de l'entrepôt et du complexe public situés en limite occidentale de ce dernier), à savoir un quartier fondamentalement tourné vers les activités économiques. Ici, aux fonctions de stockage (amphores, dolia) et d'échange (plombs inscrits en Ibère, nombreux graffites sur céramique) s'adjoint une fonction artisanale, dans la mesure où toutes les unités fonctionnelles identifiées présentent la particularité d'abriter une forge. Au niveau de l'îlot X (zone 78), la fouille du complexe associant un bâtiment à fonction économique à une galerie couverte ayant probablement abrité des piliers-stèles et servi à l'exposition de crânes humains, a été achevée en 2010. La campagne 2011 a en revancher permis d'achever le démontage de l'impressionnant dépôt de restes d'équidés accumulés au niveau du couloir (secteur 3) menant à la cour du premier bâtiment. Depuis 2008, la fouille a ainsi permis de relever plus de 2500 pièces osseuses appartenant à plusieurs individus. Le mode de constitution de ce dépôt, qui s'inscrit dans la lignée des dépôts à caractère rituels révélés depuis le reprise des travaux sur le site, montre l'existence de plusieurs phases, qui n'impliquent pas nécessairement une longue durée. Si le choix de cet emplacement demeure encore difficile à expliquer dans le détail, il apparaît néanmoins que la proximité de la galerie évoquée précédemment ait joué un rôle, confirmant en cela les observations réalisées en d'autres points du site. En effet, une convergence topographique existe entre les dépôts rituels de la phase post-destruction et les constructions présentant une dimension symbolique, tels que la fortification (notamment la porte et ses abords) ou encore les bâtiments publics. Enfin, des compléments d'information ont été apportés quant à la stratigraphie de la place 1. Le sondage effectué au cours des campagnes précédentes en limite de fouille ancienne, au carrefour entre la place 1 et la rue 2, a ainsi été complété, de même en ce qui concerne la fouille du couloir venant depuis la porte charretière. La chronologie de ce secteur est désormais mieux établie, fixant notamment de manière définitive dans la seconde moitié du IVe s. la date de construction du caniveau qui débouche au niveau de la porte principale ainsi que celle du pilier autour duquel Y. Solier avait en son temps découvert une série de crânes humains encloués. Au niveau de la place 1, l'importance déjà présumée des réaménagements postérieurs à la destruction du site (recharges des galets...) a été confirmée, contribuant à évacuer définitivement l'idée d'une fréquentation ponctuelle au profit d'une véritable réaménagement des lieux en préalable (ou de manière concomitante) à la célébration des rites caractérisant la phase Pech Maho IV.
Document type :
Reports
Complete list of metadata

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00680385
Contributor : Eric Gailledrat Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Monday, March 19, 2012 - 1:17:09 PM
Last modification on : Friday, July 8, 2022 - 4:18:33 AM
Long-term archiving on: : Wednesday, June 20, 2012 - 2:26:45 AM

File

Pech_Maho_Sigean_Aude_2011.pdf
Files produced by the author(s)

Identifiers

  • HAL Id : halshs-00680385, version 1

Citation

Eric Gailledrat, Nasrine Anwar, Anne Bardot, Alexandre Beylier, Nicolas Boulbes, et al.. Pech Maho (Sigean, Aude) 2011. [Rapport de recherche] ASM - UMR5140. 2011. ⟨halshs-00680385⟩

Share

Metrics

Record views

590

Files downloads

960