Leibniz et Newton dans Wolff.

Résumé : A propos de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle, il est d'usage de distinguer très schématiquement deux manières de penser la science dans son rapport ou non à la philosophie : l'une, héritière de Descartes et Leibniz, quoique selon des perspectives différentes, reconnaît la nécessité d'articuler science et métaphysique, l'autre, héritière d'une certaine compréhension de la pensée de Newton, réduite à son expression schématique, pour ne pas dire caricaturale, et, s'appuyant sur les Principes mathématiques de la philosophie naturelle de 1687, considère que la science moderne, entendue comme mécanique rationnelle, doit faire disparaître le soutien métaphysique traditionnellement dévolu à la science et conçoit conjointement de ne raisonner en physique qu'à partir des phénomènes et de procéder à la mathématisation du mouvement, ces deux exigences étant considérées comme les deux critères de la modernité en science. On verrait ainsi se dessiner une grille d'analyse des savants de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle distinguant les archaïques métaphysiciens des modernes newtoniens. Or, nous formulons ici l'hypothèse selon laquelle il existe, à cette époque une autre manière de penser le rapport entre science et métaphysique qui procède d'une articulation entre certains principes physiques de Newton et certains éléments de la pensée leibnizienne. Ces tentatives d'articulation peuvent sembler paradoxales à plus d'un titre : au niveau conceptuel, comme au niveau méthodologique. Bien que Wolff soit sans doute l'un des premiers à tenter cette articulation (et on indique à cet égard comment elle se construit et quelles exigences propres à une certaine définition de la science elle est sensée satisfaire), cette démarche n'est pas, dans la période concernée, un cas isolé, mais se retrouve chez bon nombre de savants (s'Gravesande, Emilie du Châtelet, Boscovich...)
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Lumières, 2008, 12 (N° "La pensée encyclopédique de Ch. Wolff. Autour du Discursus praeliminaris"), pp. 125-137
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Soumis le : mardi 13 décembre 2011 - 17:13:41
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Anne-Lise Rey. Leibniz et Newton dans Wolff.. Lumières, 2008, 12 (N° "La pensée encyclopédique de Ch. Wolff. Autour du Discursus praeliminaris"), pp. 125-137. 〈halshs-00651527〉

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