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Conference papers

Noblesse indigène, noblesse d'Etat et bourgeoisie anoblie : les mutations de l'aristocratie parisienne, XIIe-XVe siècle

Résumé : La permanence de la présence de nobles dans Paris masque une diversité et un renouvellement profond de cette catégorie de la population. Tous les étages de la noblesse sont représentés à Paris, mais force est de noter que l'on a bien du mal à apercevoir les chevaliers du castrum de Paris aux XIe-XIIe siècles. Au regard d'une documentation clairsemée on en est réduit à déduire leur existence de celle de chevaliers de pays liés à la ville à cette époque-là. Cette chevalerie indigène s'éloigne progressivement de la ville au XIIIe siècle pour disparaître au XIVe siècle. L'originalité de Paris, c'est aussi la présence dès le XIIe siècle d'une noblesse de service possessionnée en ville, dont le poids ne cessera de se renforcer aux XIIIe et XIVe siècles avec le développement de l'État. Elle est rattrapée à cette époque par la grande noblesse aulique attirée par la restauration de l'autorité du roi. Cependant, cette noblesse de service a, dans la majorité des cas, un rapport distancié à la ville, qu'elle considère comme un cadre de vie temporaire. Le provisoire peut durer des dizaines d'années dans le cas de certains officiers de l'administration centrale, il demeure que le point de fuite de leur vie n'est pas Paris. Faut-il en conclure qu'il n'y a pas de noblesse authentiquement parisienne ? Non, car une fraction non négligeable de cette noblesse d'État s'intègre à la société parisienne. Sous réserve de la découverte d'une antique chevalerie urbaine, on peut donc considérer que le développement de l'État a eu pour effet de susciter la naissance à la fin du Moyen Âge d'une noblesse authentiquement urbaine. Cette noblesse est cependant bien différente des précédentes : elle est récente, elle résulte du basculement d'une fraction du patriciat urbain dans la noblesse et ses membres se recrutent autant dans la grande bourgeoisie de Paris que dans les élites citadines non-nobles de province. Sa culture est de ce fait beaucoup moins homogène que celle de la noblesse traditionnelle, fondée sur les armes : cette nouvelle noblesse doit sa promotion à ses compétences financières ou intellectuelles, qu'elle n'abandonne pas tout de suite. La ville est donc le terreau où prospère une nouvelle noblesse d'État qui partage avec la noblesse traditionnelle une culture curiale, sans toujours tourner le dos à son ancienne culture au début du XVe siècle.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00640432
Contributor : Boris Bove <>
Submitted on : Wednesday, January 11, 2012 - 12:34:19 PM
Last modification on : Wednesday, December 9, 2020 - 7:16:01 PM
Long-term archiving on: : Thursday, April 12, 2012 - 2:21:48 AM

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  • HAL Id : halshs-00640432, version 1

Citation

Boris Bove, Caroline Bourlet. Noblesse indigène, noblesse d'Etat et bourgeoisie anoblie : les mutations de l'aristocratie parisienne, XIIe-XVe siècle. Les nobles et la ville dans l'espace francophone (XIIe-XVIe siècles), 2008, France. pp.161-198. ⟨halshs-00640432⟩

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