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Conference papers

De la prosopographie à la monographie, ou comment étudier la bourgeoisie parisienne au Moyen Âge

Résumé : L'article s'interroge sur les méthodes propres à l'étude des familles échevinales sur lesquelles les monographies individuelles ou familiales sont difficiles car les données archivistiques sont pauvres du fait qu'elles n'ont pas laissé d'archives propres. Le détour par la prosopographie peut donc résoudre la contradiction propre à la monographie, non seulement parce qu'elle porte sur un plus grand nombre de cas, mais surtout parce qu'elle est sous-tendue par une hypothèse qui rassemble les cas autour d'un même problème. La prosopographie de l'échevinage n'est pas une simple mise en série de monographies familiales, même si elle a mis en œuvre des méthodes identiques, telles que l'identification patiente des personnes et la reconstitution de tableaux de filiation. En effet, elle ne vise pas à l'exhaustivité, mais seulement à atteindre la masse critique de documents nécessaire pour cerner les profils individuels et familiaux ; de même, elle ne cherche pas à étudier le cas pour lui même, dans toute sa singularité, mais vise au contraire à comprendre ce qui le rapproche des autres, pour en faire un portrait de groupe. Toutefois cette prosopographie s'est voulue limitée quantitativement, ce qui a permis de conjuguer la rigueur de son approche méthodologique avec la profondeur des analyses qualitatives. Les résultats apportés par la monographie familiale prennent alors tout leur sens, mais il fallait d'abord les remettre à leur place, c'est-à-dire insérer le cas dans une trame plus vaste. C'est donc à une prosopographie qualitative à laquelle la recherche a abouti, preuve qu'il n'y a pas d'opposition de fond entre les deux méthodes. On peut même se demander si cette prosopographie ne peut pas être incluse dans la définition de la " monographie familiale ", tant le concept est souple et susceptible d'extension infinie : il peut concerner une famille vécue, un lignage partageant le même patronyme, une parentèle cognatique, et pourquoi pas, comme c'est le cas des échevins parisiens, un milieu endogame ? La prosopographie de l'échevinage peut apparaître, à cet égard, comme une monographie familiale, à condition que l'on n'oublie pas que le point de départ de la réflexion était institutionnel et individuel, plutôt que familial, et que cette réflexion était sous-tendue par un problème, celui du mode de domination et des pratiques sociales propres au patriciat.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00640419
Contributor : Boris Bove <>
Submitted on : Wednesday, January 11, 2012 - 4:19:22 PM
Last modification on : Saturday, October 31, 2020 - 5:24:35 PM
Long-term archiving on: : Thursday, April 12, 2012 - 2:21:20 AM

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  • HAL Id : halshs-00640419, version 1

Citation

Boris Bove. De la prosopographie à la monographie, ou comment étudier la bourgeoisie parisienne au Moyen Âge. Le médiéviste et la monographie familiale : sources, méthodes et problématiques, 2003, France. pp.265-282. ⟨halshs-00640419⟩

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