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Conference papers

L'immigration juive dans l'Est-parisien durant l'entre-deux-guerres

Résumé : La région parisienne a été durant l'entre-deux-guerres l'un des hauts lieux de l'immigration : Italiens, Polonais, Belges, Espagnols, Portugais et Russes voyaient en la France la terre d'accueil par excellence, le sanctuaire de la liberté. Elle a été un refuge pour les politiques bannis de leur pays, ceux en proie au racisme et à la xénophobie, les Juifs victimes de flambées d'antisémitisme. Elle a représenté aussi un espoir pour tous les sans-emploi à la recherche d'un gagne-pain que leur pays ne pouvait leur offrir. Tant pour la capitale que pour sa banlieue, la partie est de la région parisienne a la préférence des immigrés : l'accessibilité des logements est au prix de leur exiguïté et de leur inconfort. Le jeu des réseaux familiaux, les liens des originaires d'une même ville, d'un même village font le reste. À Montreuil, Bagnolet, sûrement aussi à Vincennes, c'est la communauté italienne qui, numériquement, prend le pas sur les autres. Loin derrière, les Polonais arrivent en seconde position. En leur sein, dans la région parisienne, les Juifs sont nombreux, tout comme ils sont présents parmi les ressortissants russes, roumains, tchécoslovaques, hongrois, hellènes, lituaniens ou turcs. La répartition de ces populations juives immigrées dans les trois communes de l'est-parisien répond assez fidèlement à celle de ceux qui se sont établis dans les arrondissements parisiens limitrophes : au XXe - seul des vingt arrondissements à compter selon Michel Roblin jusqu'à 75,1% de Juifs étrangers -, correspondent Montreuil et Bagnolet. Vincennes, plus au sud, est comparativement plus proche du Xlle qui en abrite environ 30 %. La plupart des métiers exercés par les Juifs immigrés - marchands ambulants, forains, brocanteurs, tailleurs, confectionneurs, tricoteurs et cordonniers - représentent avant tout des métiers de misère. L'existence même est marquée du sceau de la précarité. Le dur labeur quotidien suffit à peine à assurer l'autosubsistance. Les Juifs immigrés, particulièrement ceux d'Europe centrale et orientale, avaient formé un large réseau d'associations, tout à la fois pour maintenir les traditions et habitudes liées aux pays de départ mais aussi en vue d'atténuer la difficile confrontation vis-à-vis de mœurs et de comportements différents auxquels ils devaient faire face quotidiennement. La fréquentation par leurs enfants de l'école laïque et républicaine avait constitué une incitation certaine au phénomène d'acculturation, préambule à l'intégration. Les bruits de bottes, les relents de guerre qui émergeaient au crépuscule des années trente allaient en quelque sorte hâter ce processus d'insertion : les Juifs immigrés furent nombreux à rejoindre volontairement leurs camarades français pour la défense du pays, scellant ainsi par le sang leur attachement à leur nouvelle patrie. La détermination fut pour certains d'autant plus inflexible que l'adversaire était l'Allemagne nazie. Par l'affirmation de ce choix, ils nouaient de façon franche des liens qui allaient dorénavant les rapprocher de manière irréversible de la société française.
Document type :
Conference papers
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00612619
Contributor : Jean Laloum <>
Submitted on : Friday, July 29, 2011 - 2:03:03 PM
Last modification on : Friday, September 18, 2020 - 2:34:18 PM

Identifiers

  • HAL Id : halshs-00612619, version 1

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Citation

Jean Laloum. L'immigration juive dans l'Est-parisien durant l'entre-deux-guerres. Journée d'études de l'Association Histoire & Mémoire ouvrière en Seine-Saint-Denis (AHMO 93) : L'immigration dans la banlieue Nord-Est de Paris au XXe siècle, Nov 2000, Saint-Denis, France. ⟨halshs-00612619⟩

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