Les Gitans de Perpignan entre "powerism" et "empowerment", essai sur une forme de citoyenneté réactionnelle et connective . : Citoyenneté et appartenance culturelle (Atelier 3)

Résumé : Après les événements tragiques de Saint-Aignan (16.07.2010) et l'exécution d'un jeune gitan par balle, le territoire européen se rétrécit et la France est prise dans une logique sécuritaire. A l'égard des Tsiganes, Roms migrants, Manouches voyageurs et autres Gitans sédentarisés, elle se traduit une « Xénophobie d'Etat » (Anne Lacroix-Riz, sur le blog SLR, 06.09.2010), ou par un « racisme d'Etat » (Jacques Rancière, sur Mediapart, Montreuil, le 11.09.2010. Face à un tel traitement administratif et policier des Roms sans papiers, chassés et expulsés sans autre ménagement, les Gitans sédentaires de la Ville de Perpignan se sont constitués en association et en fédération d'associations afin de se déclarer solidaires de leurs frères Roms et « Gens du Voyage » (déclaration commune avec le MRAP 66 et la LDH), voire en un parti politique en devenir (mené par une élite, comme on l'a vu auparavant en Hongrie, en Roumanie ou en Espagne). Chose inaccoutumée, on a vu les Gitans de la ville manifester dans la rue le 7 septembre 2010 aux côtés des travailleurs et faire des déclarations de presse devant la Préfecture. Ces actions et ces engagements réactifs s'inscrivent dans un mouvement plus vaste des Gitans d'Europe, boucs-émissaires, étrangers de l'intérieur, parias et victimes désignées d'un état de crise de l'économie et des valeurs. Ainsi l'Unión Romaní (Madrid et Barcelone) a-t-elle déposé un recours contre la France au Tribunal de Strasbourg (E. Granda, El País, 17.09.2010). La question que nous traitons ici est la suivante : face à l'intransigeance d'un Etat policier, ce ressentiment solidaire et cette « tristesse » transnationale (Juan de Diós Ramírez-Heredia) dénotent-ils une forme citoyenne d'empowerment ou bien des « procédures d'empowerment sous conditions » (Hélène Thomas, Les vulnérables. La démocratie contre les pauvres, Broissieux, éd. du Croquant, 2010, p. 182). S'agit-il plus précisément de processus alternatifs d'empowerment, conçu sur le modèle américain de la gestion des pauvres des Etats du Sud, avec ses limites (où émancipation, habilitation et promotion relèvent de l'hétéronomie et de la compliance), et de powerism, au-delà des clivages et des divisions savamment entretenus par la « compétition ethnique » (Susan Olzak, The Dynamics et Ethnic Competition & Conflict, Stanford University Press, 1992, p. 150). Réactivées par la blessure virulente de l'expulsion socio¬biologique et du refoulement culturel, Romanitude et Gitanitude sont-elles en devenir citoyen ? à l'aube d'une nouvelle citoyenneté européenne ou d'une utopie meurtrie ?
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Communication dans un congrès
Citoyenneté et espaces urbains dans les Amériques et en Europe, Nov 2010, Toulouse, France
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Contributeur : Françoise Gouzi <>
Soumis le : mardi 7 décembre 2010 - 16:01:20
Dernière modification le : jeudi 20 décembre 2018 - 01:31:31
Document(s) archivé(s) le : mardi 8 mars 2011 - 04:45:36

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Jean-Louis Olive. Les Gitans de Perpignan entre "powerism" et "empowerment", essai sur une forme de citoyenneté réactionnelle et connective . : Citoyenneté et appartenance culturelle (Atelier 3). Citoyenneté et espaces urbains dans les Amériques et en Europe, Nov 2010, Toulouse, France. 〈halshs-00544294〉

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