Politique des formes

Résumé : L'art écologique est le label d'un art mêlant éthique écologique, science et art public depuis la fin des années 1960. Les artistes américains se sont préoccupés depuis longtemps des problèmes écologiques passant du Land Art à l'art environnemental et à l'art écologique qui vise à modifier réellement et concrètement les milieux de vie avec des implications sociales importantes et s'inscrivant dans des préoccupations vives comme la justice environnementale, les questions de santé, de pollution et de développement local en liaison avec les ingénieurs, les chercheurs et les administrations. Le terme d'écovention (écologie + invention) décrit alors un projet initié par un éco-artiste qui emploie une stratégie inventive pour transformer physiquement une écologie locale (lieu, paysage, milieu). Pour cela, l'artiste s'associe à des scientifiques et à des aménageurs. Pourquoi l'écovention est-elle de l'art ? C'est selon le critère de l'inventivité. Ce critère ne correspond pas à l'histoire de l'art mais il s'évalue en termes de pratiques écologiques courantes dans l'espace public. L'art écologique différera souvent de la restauration écologique dans son processus plutôt que dans son intention. Le scientifique doit passer par la méthode scientifique et les enjeux de carrière qui peuventt parfois rétrécir la perspective. L'artiste en revanche est encouragé à ouvrir toutes les possibilités. Il peut questionner et redéfinir n'importe quoi à n'importe quel niveau et sa participation constitue une garantie que l'exploration de certaines pistes ne sera pas abandonnée.
L'empirisme et l'hybridation de leur pratique artistique les a conduits dans une zone aux confluences de l'art, la technologie et la science. Alors qu'une scène artistique française clairsemée applique des méthodes encore poétiques et contemplatives à une nature fantasmée, les éco-artistes américains ont pris le problème à bras le corps, comprenant la nature dans un système socio-politique. Ainsi, le projet d'écovention ne se contentera pas de pleurer la perte de la nature originelle, ni même de réparer le paysage mais il réparera aussi le trou laissé dans notre psychisme quand toutes les traces de nos racines biologiques et écologiques ont été effacées. Les artistes concernés cherchent à incorporer la nature dans notre culture, à penser en termes de processus plutôt que de systèmes. Nous pourrions distinguer les pratiques écosystémiques classiques et les ecoventions, ceux qui s'autolimitent en reconstituant les écosystèmes conformes (sous l'hégémonie d'une théorie écosystémique) et ceux qui ont une créativité plus libre.
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Contributeur : Jacques Lolive <>
Soumis le : mercredi 23 septembre 2009 - 12:54:39
Dernière modification le : mercredi 25 juillet 2018 - 01:23:12

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  • HAL Id : halshs-00419341, version 1

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Citation

Jacques Lolive, Nathalie Blanc. Politique des formes. Actes Sémiotiques , Université de Limoges, 2008, 〈http://epublications.unilim.fr/revues/as/3474〉. 〈halshs-00419341〉

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