Skip to Main content Skip to Navigation
Book sections

Ordonner, classer, penser la société :
Les pays arabes au prisme de l'économie politique

Résumé : Ce chapitre porte sur la façon dont l'économie politique, discipline des sciences sociales et science du gouvernement, a traité des sociétés arabes. La région a été un terreau fertile de production, et pas seulement de consommation (ou d'application), de concepts et de théories, par exemple en termes de politique rentière. Pour autant et comme ailleurs, en creux ou plus explicitement, les travaux d'économie politique s'y sont aussi structurés en subordination à des projets politiques nationaux ou à des agendas internationaux, souvent formulés autour de la question de la (non)démocratisation. Ceci n'est pas sans conséquence sur la formulation des problématiques légitimes. Les catégories utilisées pour décrire les acteurs du marché, leurs organisations et leurs inscriptions dans les logiques de l'action publique combinent des registres du savoir et des croyances, souvent plus liés à ce que la société devrait être qu'à ce qu'elle est. En ce sens, la « libéralisation » aujourd'hui, le « développement » hier et maintenant présentent des apories. Construits intellectuellement comme « faits sociaux globaux », ils combinent des préoccupations sur les moyens du progrès (et les outils politiques pour y parvenir) et un projet réformateur engageant la légitimité – ou attestant de l'illégitimité – des gouvernants. Libéralisation et développement relèvent alors autant de l'interprétation sociologique – à condition d'éviter un étirement conceptuel trop important – que de l'énonciation de rationalités et d'ordres politiques contradictoires.
Classées avec le reste du monde par les réformateurs sur des échelles du développement économique, politique et social, les sociétés arabes posent de surcroît la question du point de vue comparatiste. La frontière est ténue entre le projet de comparer sociologiquement des processus réformistes – et de s'en donner les moyens heuristiques – et de réformer, à coup de mesures politiques, en s'appuyant sur un argument comparatiste et une quête des leçons de l'histoire. Les effets de connaissance que cela induit en terme de construction d'une aire de savoirs sur le « monde arabe et musulman » ne sont pas des moindres.
Trois moments différents sont envisagés et discutés : celui du développementalisme et de la formation des Etats modernes dans l'ère post-indépendance ; celui de la crise pétrolière et du renforcement de systèmes politiques rentiers ; celui enfin du tournant libéral, de la question de la démocratisation des régimes ou de leurs réformes autoritaires. L'économie politique s'est ainsi structurée dans la région pour construire une « aire » de questionnements, au carrefour de discours scientifiques et de modes de domination, entre problèmes de sciences sociales et programmes politiques à l'échelle locale ou internationale, en sous-estimant parfois la variété des configurations et la façon dont peuvent se décliner – ou se contredire – certains modèles.
Complete list of metadatas

Cited literature [22 references]  Display  Hide  Download

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00355208
Contributor : Myriam Catusse <>
Submitted on : Thursday, January 22, 2009 - 1:26:21 PM
Last modification on : Thursday, January 18, 2018 - 2:11:51 AM
Document(s) archivé(s) le : Tuesday, June 8, 2010 - 9:04:35 PM

File

MCatusse_Les_pays_arabes_au_pr...
Files produced by the author(s)

Identifiers

  • HAL Id : halshs-00355208, version 1

Collections

Citation

Myriam Catusse. Ordonner, classer, penser la société :
Les pays arabes au prisme de l'économie politique. Elizabeth Picard. La Politique dans le monde arabe, Armand Colin, pp.215-238, 2006. ⟨halshs-00355208⟩

Share

Metrics

Record views

679

Files downloads

1455