Adverbiaux temporels et structuration textuelle au 15e siècle

Résumé : Il existe de nombreux facteurs qui contribuent à la structuration d'un texte, c'est-à-dire à la fois à sa cohérence et à son organisation en unités, en séquences. Celles-ci peuvent d'ailleurs varier en fonction des paramètres d'analyse retenus. On peut ainsi observer différentes structurations selon que l'on s'attache, par exemple, au liens établis par les connecteurs, aux chaînes référentielles, ou bien encore à l'organisation temporelle. Les unités constituées peuvent se chevaucher, s'inclure partiellement... mais il arrive féquemment aussi que ces différents niveaux d'organisation convergent pour donner lieu à un même découpage.
Nous nous attachons ici à la dimension temporelle, et plus précisément à l'un de ses aspects : le rôle joué par les adverbiaux temporels placés en tête d'énoncé dans la structuration textuelle. L'étude porte sur quelques textes du 15ème siècle, de dates et de genres différents.
Il s'agit d'une part de rendre compte de la répartition et de l'organisation de ces éléments temporels au sein d'un texte, et de l'évolution de ces données d'un texte à l'autre. Pour cela, on observe les différentes formes que revêtent les marqueurs (adverbes, syntagmes nominaux ou subordonnées), ainsi que deux aspects précis de la dimension temporelle. Le premier concerne le type de relation instauré par l'adverbial entre la situation dénotée et le contexte (textuel ou situationnel), les trois relations retenues étant celles d'antériorité, de contemporanéité et de postériorité/successivité. Le second, qui touche au traitement de l'intervalle temporel, conduit à séparer les adverbiaux de durée et ceux de localisation (ces derniers faisant eux-mêmes l'objet de distinctions).
Il s'agit d'autre part d'observer comment cette organisation s'articule avec une autre, celle de l'expression du sujet, qui contribue elle aussi à la structuration textuelle. Même si l'étude est davantage centrée sur l'organisation temporelle, l'hypothèse de départ est celle d'un effet conjugué des deux types d'organisation, avec de possibles effets de recouvrements partiels, d'enchâssements, de juxtapositions...
La perspective adoptée est double : elle consiste en effet en un regard « en arrière », puisque l'on s'attache aux différents liens qui unissent un énoncé avec ce qui précède, mais aussi en un regard « en avant », qui conduit à considérer les phénomènes d'indexation et d'encadrement du discours.
Nous mettons au jour des phénomènes assez complexes, en particulier le fait que les adverbiaux temporels semblent dotés d'une double fonction, à la fois d'inauguration de nouvelles séquences narratives et de maintien de la cohésion entre séquences ou au sein d'une même séquence, l'une de ces deux fonctions étant prévalente selon les textes.
Nous montrons en outre que les affinités entre textes, lorsqu'elles se nouent, le font autour de certains points seulement et de manière assez inattendue (au regard de la date et du genre), ce qui signifie que, au-delà de certains aspects communs à tous les textes, les relations entre ces derniers obéissent à une géométrie variable.
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Contributor : Sophie Prevost <>
Submitted on : Monday, January 5, 2009 - 3:07:12 PM
Last modification on : Wednesday, May 22, 2019 - 10:46:46 AM
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Sophie Prévost. Adverbiaux temporels et structuration textuelle au 15e siècle. XIIIe colloque sur le moyen Français, May 2005, Anvers, Belgique. pp.Turnhout : 95-108. ⟨halshs-00349906⟩

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