La langue capverdienne en France et au Cap-Vert

Résumé : Le créole capverdien ou langue capverdienne est la langue autochtone des habitants de la République du Cap-Vert, petit pays situé à environ 500 km au large des côtes sénégalaises et constitué d'un archipel de dix îles dont neuf sont habitées. La langue du Cap-Vert est un créole afro-portugais qui s'est probablement formé dans l'Archipel entre le XVème et le XVIIème siècle. Plus de 95% du lexique capverdien provient du portugais, mais les langues africaines, principalement le mandingue et le wolof, ont laissé leur empreinte dans la morphologie et particulièrement dans le système verbal du créole contemporain. Depuis 1998, le capverdien est une des deux langues officielles de la République du Cap-Vert à côté du portugais (norme européenne), langue de l'école et de l'administration.
Environ un million d'êtres humains parlent le capverdien dans le monde, dont la quasi-totalité des 400.000 résidents de la République du Cap-Vert et la plus grande partie de la diaspora capverdienne, émigrée aux États-Unis, en Afrique de l'Ouest et en Europe Occidentale.
La communauté capverdienne installée en France, forte d'au moins 40.000 personnes, est la troisième au monde (hors Cap-Vert), après les États-Unis et le Portugal et à égalité avec les Pays-Bas. La majorité de cette communauté est créolophone et utilise le créole en famille ou tout au moins dans ses relations avec les Capverdiens restés au pays.
Le capverdien est donc une langue bien vivante sur le territoire français et plus généralement dans le monde francophone (Dakar et dans une moindre mesure Abidjan abritent aussi des populations capverdiennes de dimension conséquente) mais ce fait culturel est largement ignoré, en partie parce que beaucoup de Capverdiens ont systématiquement recours au portugais pour communiquer avec des étrangers, surtout à l'écrit.
Néanmoins, le capverdien est aussi une langue écrite que déjà plusieurs générations d'intellectuels créoles se sont appliquées à mettre en valeur. Mais dès qu'on veut écrire, se pose la question de l'orthographe : nous essaierons de voir comment les Capverdiens y ont répondu. Enfin on se posera la question fondamentale des perspectives qu'offre la prise en compte du capverdien dans l'enseignement et en particulier en France et en République du Cap-Vert.
Type de document :
Chapitre d'ouvrage
CAUBET, Dominique, CHAKER, Salem, SIBILLE, Jean. Codification des langues de France, L'Harmattan, pp.443-456, 2002
Liste complète des métadonnées

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00341612
Contributeur : Nicolas Quint <>
Soumis le : mardi 25 novembre 2008 - 15:48:29
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:19:09

Identifiants

  • HAL Id : halshs-00341612, version 1

Collections

Citation

Nicolas Quint. La langue capverdienne en France et au Cap-Vert. CAUBET, Dominique, CHAKER, Salem, SIBILLE, Jean. Codification des langues de France, L'Harmattan, pp.443-456, 2002. 〈halshs-00341612〉

Partager

Métriques

Consultations de la notice

390