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Compte rendu de lecture: La gauche au pouvoir en Amérique Latine, La gauche au pouvoir en Amérique Latine, 2007, L'Harmattan, 278p. Contreras Osorio (Coord.)

Résumé : « L'émancipation de l'Amérique Latine dépend d'une reconstruction de l'espace institutionnel qui place l'Etat (non dans sa dimension administrative mais éthique et politique) comme agent de régulation et de développement » ; « le fait de distinguer de manière globale la bonne ou la mauvaise gauche paraît être la simple conséquence d'une consigne qui sert la politique nord-américaine » ; ou encore, exposant les principes de Huntington ou de Hayek : « pour réussir la dépolitisation des besoins sociaux il faut donc les transférer de l'Etat au marché. L'instrument pour y parvenir est la séparation du politique et de l'économique et, en conséquence, du social. Ainsi, le politique, en perdant sa capacité d'intervenir dans l'économique, devient un système fonctionnel autocentré. [...] En définitive, la notion de gouvernabilité qu'on a voulu installer en Amérique Latine pendant les années quatre-vingt-dix a cherché la subordination de tous les rapports sociaux aux lois du marché, en éliminant tout conflit entre des intérêts matériels opposés, c'est-à-dire en abolissant la politique » ; « ce n'est pas un hasard si le populisme a toujours été l'une des cibles privilégiées des défenseurs du statu quo puisque ce qu'ils craignent le plus, c'est la politisation des demandes sociales. Leur idéal serait une sphère publique entièrement dominée par la technocratie ».
Cet hommage à Alain Touraine souffle un air alternatif sur les analyses convenues – depuis l'Occident tout du moins – des tendances politiques contemporaines en Amérique Latine. Les auteurs insistent sur la caducité de l'appellation droite / gauche pour distinguer les tendances de gouvernement au pouvoir en Amérique latine, et à la – presque – nécessaire appellation « gauche républicaine » / « gauche tribunitienne » (comprenez bonne et mauvaise), on voit se substituer des qualifications plus transversales comme « gauche progressiste », dont les limites ne sont pas celles que l'on croit, ou que l'on essaie de bâtir, depuis les démocraties libérales occidentales.
Le livre procède en deux parties. La première fait état des facteurs qui mènent aux situations politiques actuelles impliquant la montée des gauches en Amérique latine, la seconde présente une perspective par pays ou par région, de façon plus monographique. L'examen des facteurs qui président aux situations contemporaines que connaît la gauche en Amérique latine termine de nous convaincre du caractère inopérant des catégories comme « social démocratie », « gauche de gouvernement », « (néo)populisme »... telles qu'on les croise trop souvent dans un discours normé qui laisse finalement peu de place à l'analyse ou à la critique. C'est une invitation au décentrement de la pensée que nous propose cette réunion d'articles.
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Contributor : Julien Rebotier <>
Submitted on : Monday, June 23, 2008 - 10:50:08 PM
Last modification on : Tuesday, December 17, 2019 - 4:33:01 PM
Long-term archiving on: : Friday, May 28, 2010 - 10:45:19 PM

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Julien Rebotier. Compte rendu de lecture: La gauche au pouvoir en Amérique Latine, La gauche au pouvoir en Amérique Latine, 2007, L'Harmattan, 278p. Contreras Osorio (Coord.). 2008. ⟨halshs-00289898⟩

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