L'animation de l'embryon humain et le statut de l'enfant à naître dans la pensée médiévale 

Résumé : L'article examine les discussions des médecins, philosophes, théologiens et juristes médiévaux sur le statut de l'embryon et le moment et les modalités de son animation et explore les implications morales, juridiques et spirituelles de ces débats. Dès le XIIe siècle, l'opinion commune considère que l'âme est créée et infusée par Dieu. Quatre moments sont envisagés pour l'infusion : conception, achèvement de la forme, apparition du mouvement, naissance. Le deuxième est, et restera, le plus répandu. La réception d'Aristote, au début du XIIIe siècle, conduit à concevoir l'animation non plus comme un événement soudain, mais comme un processus physiologique et progressif qui commence dès la conception, même si l'enfant à naître n'est alors pas encore un être humain, doté d'une âme intellectuelle.
L'article montre qu'il n'existe finalement pas de position homogène sur l'enfant à naître. Deux types d'approches coexistent : l'une envisage l'embryon à l'aune de son accès à la personnalité juridique, l'autre s'intéresse à son humanité, et donc à la présence de l'âme rationnelle. Les raisonnements se combinent pour expliquer que l'enfant à naître est un être humain bien avant sa naissance, mais qu'il ne peut hériter ou transmettre, ni recevoir le baptême qu'une fois né, et à condition d'avoir vécu au moins un instant. Ces logiques ne sont cependant pas étanches, comme le montre les débats autour la possibilité d'enterrer la femme morte en couche en terre consacrée et, surtout, le cas de l'avortement. Les juristes civilistes médiévaux s'écartent de la position du droit romain classique qui refuse, sous inspiration stoïcienne, toute existence propre à l'enfant à naître. Les civilistes médiévaux considèrent, comme les théologiens et les canonistes, l'avortement comme un homicide à partir du moment où l'embryon est formé, et donc animé. L'animation à la conception reste en revanche une position très minoritaire tout au long du Moyen Âge, en raison surtout de la doctrine du péché originel qui prive l'enfant mort sans baptême du salut. Sur le moment de l'animation, la position de l'Église occidentale diffère sensiblement de celle de l'Église orientale (qui ignore le péché originel), mais aussi de celle actuelle du Vatican.
Type de document :
Communication dans un congrès
L. Brisson, M.-H. Congourdeau et J.-L. Solère. L'animation de l'embryon humain et le statut de l'enfant à naître dans la pensée médiévale, 2005, Paris, France. Vrin, pp.234-254, 2008
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Contributeur : Maaike Van Der Lugt <>
Soumis le : mardi 15 juin 2010 - 21:36:49
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:20:13
Document(s) archivé(s) le : mercredi 15 septembre 2010 - 20:06:12

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Maaike Van Der Lugt. L'animation de l'embryon humain et le statut de l'enfant à naître dans la pensée médiévale . L. Brisson, M.-H. Congourdeau et J.-L. Solère. L'animation de l'embryon humain et le statut de l'enfant à naître dans la pensée médiévale, 2005, Paris, France. Vrin, pp.234-254, 2008. 〈halshs-00175587〉

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