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Cénac-et-Saint-Julien. Grotte XIV.

Résumé : La grotte XIV (Cénac et Saint-Julien) est l'une des vingt-deux cavités de la falaise du Conte qui surplombe de 150 mètres la vallée du Céou petit affluent de la Dordogne. Située à une dizaine de mètres des grottes XIII (fouilles F. Prat), XV (abri Vaufrey, fouilles J.-Ph. Rigaud), la Grotte XIV renferme des niveaux paléontologiques du Pléistocène moyen ancien. Cette cavité a également livré quelques artefacts (choppers en quartzite et éclats de silex). J.-P. Texier (IPGQ, UMR9933) qui mène l'étude géologique du site a établi la stratigraphie suivante que nous rappelons : Ensemble Supérieur : Plancher stalagmitique ; Ensemble Moyen : Brèches I à IV et couches F, G, H ; Ensemble Inférieur : Couches 6 à 20A. Les datations U/Th effectuées au CERAK (Mons) par Yves QUINIF, elles sont au nombre de trois ; deux intéressent le plancher stalagmitique (ensemble supérieur : 99.500 +8800 / -8100 et 124.500 +7600 / -7100) et la dernière la brèche IV (partie médiane de l'ensemble moyen : 387.800 +inf. / -171.000 ans). Il faut considérer que la date de 387.800 ans comme au moins égale à 400.000 ans. Il est donc probable que cet échantillon appartienne au stade 11 (ou a un stade plus ancien). Un petit canidé, vraisemblablement Canis cf. etruscus, est représenté par maintenant 15 restes (au moins 4 individus adultes) dans l'ensemble moyen (couches F à H et brèches I à IV). La M1 découverte cette année dans la Brèche IV possède des dimensions en tout point homologues à celle des autres premières molaires supérieures précédemment découvertes. De même les dimensions de la P3 entre dans les limites de variations de dents homologues de Canis etruscus. Les pièces les plus intéressantes attribuables au Thar sont un métacarpe et un métatarse complets. Sur le métacarpe la facette répondant à l'unciforme a un bord antérieur curviligne et non rectiligne comme chez le Bouquetin. En revanche le bord antérieur de la facette articulaire qui répond au capitatotrapézoïde décrit une angulation ce qui la rend moins régulièrement curviligne que chez Capra. Sur le métatarse, en vue supérieure, on constate que le bord dorsal est plus élargi que chez le Bouquetin et que la facette articulaire qui répond au petit cunéiforme est déporté du côté latéral. La description de ces pièces très caractéristiques (et celle des fossiles précédemment découverts) indiquent que le Bouquetin n'est toujours pas représenté à la Grotte XIV ce qui, du point de vue chronologique, indique ici qu'il s'agit de niveaux anté-stade 6 de la courbe isotopique. Une D4 complète et très peu usée récoltée cette année nous a permis d'affiner la détermination du Rhinocéros. L'émail est lisse et les lophes linguaux rectilignes et obliques vers l'arrière. L'ectolophe possède un profil très ondulé avec un important pli du paracône, un mésostyle large et peu proéminent et une ébauche de pli du métacône. Le crochet est très développé, la crista ébauché et l'antécrochet correspond à une ondulation de l'émail ; la médi-fossette est ouverte. Le protocône est étranglé et le bourrelet cingulaire développé uniquement du côté mésial. Les dimensions et la morphologie s'accordent à ce qu'on observe chez Dicerorhinus hemitoechus même si les diamètres mésio-distal et vestibulo-lingual situent cette dent parmi les plus petites D4 attribuée à cette espèce. La datation obtenue pour la partie moyenne de l'ensemble moyen nous force à le vieillir par rapport à nos premières estimations. Si la présence du Thar nous a appris dès le début de la fouille que la faune était antérieure au stade 6 de la courbe isotopique (Riss III), la découverte des restes d'un canidé de petite taille, qui pour l'instant ne diffère pas de Canis etruscus, ainsi que celle d'un talus attribuable à Dinobastis nous oblige à réviser à la baisse la date de ces niveaux et donc par conséquent des couches de l'ensemble inférieur. En ce qui concerne les restes d'Ours, qu'il s'agisse de ceux de l'ensemble inférieur que de ceux de l'ensemble moyen, nous nous trouvons en présence d'une forme indiscutablement de type deningeri, mais qui possède des caractères morphologiques très primitifs presque « arctoïde ». La présence d'individus de très petite taille qui, apparemment, ne sont pas des femelles reste très intéressante. Nous rappellerons la grande similitude entre ces pièces de dimensions modestes et les fossiles dégagés par F. Prat dans les niveaux profonds de la grotte XIII toute proche et sans doute communicante avec la grotte XIV. La présence dans l'ensemble moyen d'une faune variée riche en Herbivores, pose le problème de l'agent responsable de l'accumulation osseuse. S'il s'agit de l'action de Carnivores nous n'en n'avons pour le moment pas de traces sur les os. L'hypothèse selon laquelle nous nous trouvons en présence d'un aven-piège est peu envisageable compte tenu de la topographie de la grotte et du plateau. En revanche la découverte de quelques artefacts nous incite à penser que l'Homme n'est pas totalement étranger à la présence d'Herbivores dans cette cavité (cf. par exemple le métacarpe de chevreuil qui présente 2 traces obliques et parallèles au niveau du passage du Perforant ou du Perforé). Si tel est le cas cela pose le problème de l'identification de cet Homme et de la caractérisation de ces activités dans cette grotte.
Liste complète des métadonnées

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00137203
Contributeur : Jean-Luc Guadelli <>
Soumis le : dimanche 18 mars 2007 - 04:19:07
Dernière modification le : lundi 13 janvier 2020 - 22:26:02

Identifiants

  • HAL Id : halshs-00137203, version 1

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Citation

Jean-Luc Guadelli. Cénac-et-Saint-Julien. Grotte XIV.. 1997, pp.23-24. ⟨halshs-00137203⟩

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