La gouvernance partenariale des Banques coopératives françaises

Résumé : Comment caractériser la gouvernance interne et externe des banques coopératives dans une perspective territoriale ? Et quels contenus attribuer à la gouvernance partenariale ? En interne, les processus de décisions sont-ils fondamentalement spécifiques, de par leurs caractères démocratiques ? En externe, qu'en est-il des liens de coordination et des rapports de coopération entre les banques coopératives et les autres familles de l'économie sociale ? Notre travail repose sur une analyse pluridisciplinaire de la gouvernance et sur une enquête de terrain originale menée en direction des banques coopératives et d'un certain nombre d'organisations de l'économie sociale et solidaire (OESS). Ainsi, la démarche d'ensemble a nécessité une recension de la littérature scientifique dans le domaine considéré. Une analyse qualitative et lexicale d'informations recueillies par une méthode d'entretiens non directifs est venue parallèlement enrichir le traitement de données internes aux groupes bancaires et aux OESS. Nous avons retenu l'hypothèse selon laquelle les statuts coopératif, mutualiste et associatif conduisent tout naturellement à développer un mode de gouvernance particulier, obéissant davantage à des logiques partenariales qu'à des logiques actionnariales. Pour l'économie sociale et solidaire, les implications de ce mode de gouvernance peuvent être appréhendées à travers l'émergence de réseaux socioéconomiques ou la production d'externalités positives : · Sur le premier point, la coordination marchande tend à promouvoir de la concurrence et de la compétition intra et intersectorielle, alors que la coopération est perceptible dans les accords d'alliance et s'inscrit dans la durée relationnelle, présupposant différentes formes de confiance. Cette double implication résiliaire caractérise la coopétition. Toutefois, ce phénomène acquiert-il des propriétés particulières au sein des réseaux d'entreprises de l'économie sociale et solidaire ? · Sur le second point, le repérage et l'évaluation des effets externes positifs nécessitent de distinguer a priori les effets directs – quantifiables et d'une certaine manière prévisibles – des effets induits – non monétaires et peu tangibles. Mais là encore, ces effets sont-ils génériques à toute forme de structuration en réseau ou peut-on cerner, voire mesurer, des effets propres à l'économie sociale et solidaire ? Nous avons cherché, dans un premier temps, à caractériser la gouvernance coopérative à travers l'articulation de logiques internes (au sein des banques) et de logiques externes se traduisant par des partenariats formels. Nous soulignons notamment l'émergence d'une gouvernance hybride. Puis nous nous sommes efforcés de mettre en lumière l'ancrage partenarial des banques coopératives en direction des autres familles de l'économie sociale, en nous attachant à identifier différentes proximités. En ce sens, la gouvernance partenariale des banques coopératives est par essence territorialisée. Cet ancrage partenarial a aussi été approché dans le cadre théorique de l'économie/sociologie des conventions, permettant ainsi de repérer les principes de légitimité qui guident la rationalité d'action des (dans les) organisations instituées et la plus ou moins grande stabilité et pérennité des partenariats. Enfin, nous avons abordé, de manière prospective, les enjeux associés à la constitution et au développement des fondations, et notamment aux fondations des banques coopératives. En conclusion, cinq pistes de réflexion ont été proposées : - spécifier plus précisément le modèle hybride de gouvernance et ses incidences ; - poursuivre l'évaluation de la contribution du sociétariat à la définition de l'offre de services bancaires ; - approfondir l'analyse des rapports imbriqués entre partenariats et proximités : les partenariats relèvent-ils plus de proximités interpersonnelles et culturelles qu'axiologiques ou institutionnelles ? - développer un programme de recherche sur les conventions de compétences et d'utilité sociale pour apporter des réponses à la méconnaissance du système d'attente réciproque des banques et des associations, qui se traduit par une relative insatisfaction quant à la relation bancaire ; - interroger le risque de brouillage des spécificités intrinsèques des OESS, lié au développement de la bancassurance et des fondations d'entreprise.
Type de document :
Rapport
2008, pp.208
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Contributeur : Nathalie Dompnier <>
Soumis le : lundi 19 juillet 2010 - 11:41:42
Dernière modification le : lundi 12 novembre 2018 - 18:47:35
Document(s) archivé(s) le : vendredi 22 octobre 2010 - 11:49:40

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Citation

Patrick Gianfaldoni, Nadine Richez-Battesti, Jean-Robert Alcaras, Jean-Noël Ory, Nathalie Dompnier, et al.. La gouvernance partenariale des Banques coopératives françaises. 2008, pp.208. 〈hal-00501816〉

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