L’apogée d’une “bonne ville”. Saint-Émilion pendant les premiers temps de la jurade (1199-1253)

Résumé : La première moitié du XIIIe siècle, soit les premières décennies d’existence de la commune concédée en 1199, représentent l’apogée d’une agglomération dont la fondation de la bastide voisine de Libourne en 1268 a brisé net l’élan. Généreusement documentée par les textes de la chancellerie anglaise et, à un moindre degré, par des censiers issus des cartulaires de la Sauve-Majeure, Saint-Émilion se révèle alors comme une ville occupant dans la hiérarchie urbaine du Bordelais un rang second derrière Bordeaux, comparable à celui de La Réole dans le Bazadais voisin. Les indices d’urbanité y sont précoces : mentions de rues, d’enceinte, de nombreux moulins à ses portes, présence de deux couvents d’ordres Mendiants au milieu du siècle. La commune qui domine la vie locale se structure peu à peu, avec des prud’hommes, attestés en 1205, puis un maire à partir de 1234. La bourgeoisie dont elle représente les intérêts tire ses revenus du vignoble et de la pratique du commerce à large rayon d’action vers les autres possessions des Plantagenêts. Reste que l’acteur le plus important est le roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine, qui manifeste, depuis Jean sans Terre, une sollicitude de plus en plus appuyée, jusqu’à l’installation d’un prévôt, en 1243, court-circuitant quelques unes des attributions du maire . Il est vrai que la ville dont les bourgeois sont semoncés à l’ost royal à plusieurs reprises contre les Capétiens ou les barons révoltés (1205, 1230, 1243, 1253) est un des enjeux du conflit contre les rois de France, en raison de sa situation géographique. Avec son enceinte, dressée dans les années 1220 et un castrum un peu plus tard, avec ses bourgeois sur qui compte le roi, Saint-Émilion est ce que l’on appelle alors une “bonne ville”, forte et riche. Cet arrière plan donne du sens au soin de la parure monumentale, sensible jusque dans l’habitat civil, dont il subsiste aujourd’hui encore de si nombreux vestiges. Mots-clés : municipalité, ville, commune, charte de franchises, censier, maire, prud’hommes, royauté, prévôt royal, service militaire, enceinte de ville, vignoble, chanoines laïcs
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Boutoulle, Frédéric and Barraud, Dany and Piat, Jean-Luc. Fabrique d’une ville médiévale. Saint-Émilion au Moyen Âge, Aquitania, pp.313-345, 2011, Supplément Aquitania
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Contributeur : Nathalie Prévôt <>
Soumis le : vendredi 24 novembre 2017 - 06:13:06
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Frédéric Boutoulle. L’apogée d’une “bonne ville”. Saint-Émilion pendant les premiers temps de la jurade (1199-1253). Boutoulle, Frédéric and Barraud, Dany and Piat, Jean-Luc. Fabrique d’une ville médiévale. Saint-Émilion au Moyen Âge, Aquitania, pp.313-345, 2011, Supplément Aquitania. 〈hal-01537365〉

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