| À première vue, dans une exposition de maîtres anciens, des conservateurs offrent à un public de remonter le temps, avec l'aide de médiateurs chargés de rendre accessibles le savoir et la familiarité des conservateurs avec les artistes et leur époque. Cependant, ces acteurs s'appuient sur des représentations et des pratiques plurielles qui ne tiennent ensemble que parce qu'elles ne sont pas complètement explicitées ni défendues. À partir de l'exposition Fouquet, peintre et enlumineur du XVe siècle, l'article aborde l'exposition et le temps lui-même comme des " objets-frontières " autour desquels conservateur, médiateurs et publics se rencontrent. L'exposition illustre une conception et une pratique professionnelle de l'histoire de l'art qui impliquent de reconstituer scientifiquement un passé dont la connaissance a été perdue. Reconstituer les temporalités des œuvres est ce qui préoccupe le conservateur. Mais ce n'est pas forcément précisément ce que viendra chercher le public ni ce sur quoi portera le travail du médiateur, plus soucieux de faire la médiation vers une histoire " autour " de l'œuvre, par exemple celle des modes de vie. |