L'appellation « gens du voyage » est ambiguë. Avant la Seconde Guerre mondiale, elle désignait essentiellement les personnes qui étaient liées au milieu du cirque et de la fête foraine. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle renvoie à des groupes de population qualifiés jusque-là de « Nomades », de « Bohémiens », de « Romanichels » ou de « Gitans ». Qui sont les gens du voyage ? En Europe occidentale, il existe une population dont le mode de vie est lié peu ou prou à la mobilité. Nous la trouvons un peu partout, mais elle apparaît de façon particulièrement significative en France, en Belgique, en Italie du Nord, en Angleterre, en Irlande et aux Pays-Bas. Dans certains cas, ce rapport à la mobilité se traduit toujours par d'incessants déplacements, fussent-ils saisonniers. Dans la plupart des autres cas, l'itinérance s'est estompée et le rapport au voyage ne s'est maintenu que sur le plan de l'habitat mobile et dans la préservation d'un état d'esprit hérité du nomadisme. Jusque là, les choses sont claires. Mais, par le fait même du glissement sémantique qui s'est opéré depuis 1945, l'appellation « gens du voyage » englobe aujourd'hui des populations qui n'entretiennent parfois qu'un rapport très lointain avec la mobilité et dont la présence en un endroit ne peut être due qu'à un jeu de déplacements migratoires. |