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Le Proche-Orient de Justinien aux Abbassides (2012) 384
Le Proche-Orient de Justinien aux Abbassides
Antoine Borrut, Muriel Debie 1, Arietta Papaconstantinou 2, Dominique Pieri 2, Jean-Pierre Sodini 2
(2012)

Vingt-et-une communications par des chercheurs travaillant sur le terrain au Proche-Orient et en Egypte étudient sur des cas concrets l'évolution démographique et sociale entraînée par le passage de la domination byzantine à la nouvelle administration arabe, omeyyade puis abbasside. Les conditions générales de l'agriculture dans cette vaste zone sont examinées, complétées par des analyses plus détaillées concernant la mise en valeur des régions comme l'Osrhoène, la ville de Resafa et son territoire, la Syrie centrale et son prolongement steppique oriental, Damas et son arrière-pays, l'évolution de l'habitat urbain de la Palestine Seconde à l'Est du Jourdain, le développement en florissantes bourgades d'anciens forts du limes, la réoccupation de sites antiques (dont le sanctuaire nabatéen de Khirbet ed-Darih) par des villages chrétiens puis musulmans. Les fluctuations du nomadisme dans les zones steppiques et leur impact sur les essais de sédentarisme sont bien mis en évidence tant dans les marges arides de la Syrie centrale que dans la partie située à l'Est du delta du Nil. La fortification des villes reste un trait constant de l'époque. L'ère islamique se caractérise par l'abandon du limes romain le long de la strata Diocletiana et par le maintien et le renforcement des défenses urbaines le long de la côte méditerranéenne, devenue désormais une frontière entre Byzance et les Arabes après avoir perdu son rôle de boulevard commercial avec l'occupation perse puis la conquête islamique. Le christianisme se maintient et reste majoritaire dans cette région jusqu'aux IXe -Xe siècles , même si l'on observe à partir du VIIIe siècle un certain tassement. Les nombreuses inscriptions et la qualité des fouilles actuelles permettent une compréhension de plus en plus fine du phénomène d'éradication des images d'êtres animés des mosaïques et des sculptures. Certains lieux de pèlerinage déclinent vers le IXe siècle, comme Abou Mina, voire dès le courant du VIIIe siècle comme à Saint-Hilarion mais se maintiennent encore à Qal'at Seman au XIIe siècle ou à Resafa jusqu'aux raids mongols. Dans l'ensemble, malgré des bouleversements importants dans les élites et l'émergence du pouvoir omeyyade, qui utilise abondamment comme gestionnaires les chrétiens locaux, l'Etat se maintient et l'islamisation du pouvoir ne s'effectue que progressivement, si l'on excepte quelques violentes crises. Sous les abbassides, le transfert du pouvoir à Bagdad, où les traditions sassanides se font à nouveau sentir, entraîne un dépérissement du sud et renforce le dynamisme et la prospérité de la région mésopotamienne.
1 :  Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT)
CNRS : UPR841
2 :  ORIENT ET MEDITERRANEE (OM)
CNRS : UMR8167 – Université Paris IV - Paris Sorbonne – Université Paris I - Panthéon-Sorbonne – Ecole Pratique des Hautes Etudes
Sciences de l'Homme et Société/Archéologie et Préhistoire

Sciences de l'Homme et Société/Religions

Sciences de l'Homme et Société/Architecture, aménagement de l'espace
Proche-Orient – Byzance – Omeyyade