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Géographie de la sexualité ou sexualité du géographe ? Remarques sur le sexe de l'enquêteur
Blidon M.
À travers l'espace de la méthode : les dimensions du terrain en géographie, Arras : France (2008) - http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00422392
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Géographie de la sexualité ou sexualité du géographe ?
Remarques sur le sexe de l'enquêteur
Marianne Blidon () 1
1 :  Géographie-cités (GC)
http://www.parisgeo.cnrs.fr
CNRS : UMR8504 – Université Paris I - Panthéon-Sorbonne – Université Paris VII - Paris Diderot
13 rue du Four - 75006 Paris
France
Français
06/2008

Cette communication vise à interroger les modalités d'un terrain en géographie des sexualités. La sexualité - au sens de Foucault de conjonction entre une orientation sexuelle, un choix d'objet et des rapports sexuels - est un élément structurant de l'espace des sociétés à commencer par la structuration de l'espace domestique et la constitution d'une notion d'intimité.
Or selon les disciplines, la prise en compte de la sexualité dans l'étude du terrain est extrêmement variable. Ainsi, elle est une dimension importante du travail de terrain des anthropologues. La sexualité de l'Autre dans la mesure où elle est mise à distance et apparaît comme lointaine peut être objet de description. L'implication du chercheur n'étant d'ailleurs pas toujours clairement explicité. A l'inverse, en Occident, la sexualité fait principalement l'objet d'enquêtes statistiques (ACSF, 1993), façon de mettre à distance à la fois cet objet et ce terrain potentiel. Car c'est souvent autre chose que la sexualité qui est étudié par les chercheurs en sciences sociales et a fortiori par les géographes. Il s'agit souvent bien davantage de mettre en évidence des pratiques sexuées de l'espace ou des formes d'exclusion ou de stigmatisation de minorités sexuelles. La sexualité n'est prise en compte que dans la mesure où elle délimite socialement des groupes.
A travers ce thème, c'est tout un implicite et un impensé du terrain qui est interrogé en creux, notamment la question des normes et de l'implication du chercheur. Cette question sera traitée à partir d'un état des lieux des différentes approches qui ont structuré les travaux francophones et anglophones dans ce domaine. Ainsi que de mon expérience de chercheuse hétérosexuelle travaillant sur la géographie des gays et des lesbiennes, en dehors de toute dimension érotique ou sexuelle, mais implicitement ramenée à cette dimension sexuelle via les questionnements des autres géographes. Au final, la sexualité apparaît donc comme un terrain particulier qui pose des problèmes spécifiques, mais au-delà elle reste un impensé de la géographie, impensé d'autant plus fort qu'il peut-être un élément de disqualification de la figure du chercheur.

Communications sans actes
Sciences de l'Homme et Société/Géographie

À travers l'espace de la méthode : les dimensions du terrain en géographie
06/2008
Arras
France

Terrain – sexualité – réflexivité – participation – expérience
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