Texte intégral en ligne : http://kups.ub.uni-koeln.de/id/eprint/4359 Nous détaillerons dans cet article le travail effectué sur une archive de pièces manuscrites : essentiellement des fiches de lecture, des fiches thématiques et des fiches bibliographiques, que le philosophe Michel Foucault rédigea et rassembla en un instrument de travail notionnel pour la rédaction de son essai, Les Mots et les choses. Cet échantillon de sa bibliothèque de travail privée, temporairement mis à notre disposition par Daniel Defert, constitue un véritable champ d'investigation de la façon dont Michel Foucault utilisait ses sources primaires et secondaires : comment il les lisait, les transcrivait et, enfin, les restituait dans ses ouvrages. Bien que ce travail d'investigation ait pour matériau principal un objet qui l'exclut a priori d'une approche codicologique (codex, parchemins vs papier du XXème s.) ou paléographique (époque), nos méthodes sont proches et nous voudrions partager ici avec les spécialistes de ces disciplines, notre approche propre à l'anthropologie des pratiques culturelles, mais surtout notre expérience de manipulation des outils et méthodes de l'archivistique, de l'informatique et du numérique. En effet, de la Description Archivistique Encodée (EAD selon sa DTD 2002 qui a permis l'annotation, la description et l' indexation de l'archive) au Langage de Modélisation Unifiée (UML qui a permis de modéliser une bibliothèque virtuelle liée à l'archive XML EAD des papiers de travail manuscrits), ces outils et méthodes méritent d'être décrits car c'est grâce à eux que ce corpus qui donne à voir la " bibliothèque " choisie par le philosophe pour la rédaction des Mots et les choses, est aujourd'hui intelligible et surtout utilisable pour la recherche. |