[ http://id.erudit.org/iderudit/001728ar ] Cet article vise à analyser les conditions sociales et politiques du développement des mouvements altermondialistes en Europe. Basé sur deux enquêtes collectives réalisées en 2003 lors des manifestations en France et en Suisse contre le G8 d'Evian et lors du Forum Social Européen à Paris, l'article examine les ressources permettant aux militants altermondialistes de se projeter dans un espace international de mobilisation et fait apparaître l'importance en la matière du capital social, culturel et politique. Si l'enquête met en évidence les propriétés différentes des activistes du contre-sommet du G8 - événement confrontatif - et des participants au Forum social européen - événement centré sur des débats collectifs -, elles montrent que pour les uns comme pour les autres le niveau de diplôme et les ressources militantes - liées aux expériences politiques antérieures, au sein des organisations politiques classiques comme les partis et les syndicats ou au sein des mouvements sociaux - favorisent la participation à l'organisation d'événements contestataires transnationaux et la capacité à voyager au-delà des frontières pour exprimer une opposition à la globalisation. Ces activistes peuvent ainsi être décrits comme cosmopolites, à condition de voir qu'ils sont en réalité des " cosmopolites enracinés ", leurs ressources professionnelles et politiques étant souvent liées à leur espace national. |