| Alors que de nombreux pays du Sud évoluent vers une gestion de l'eau potable de plus en plus confiée au secteur privé, la Tunisie se distingue en maintenant un opérateur public centralisé. C'est ce dernier, grâce à des subventions étatiques qui a réalisé le raccordement généralisé des ménages en ville et qui assure un service de bonne qualité, tout en mettant en œuvre un programme d'économie d'eau. Mais de nouvelles contraintes financières et un désengagement de l'Etat imposent aujourd'hui à des ajustements dans la gestion. Une tarification pénalisant les gros usagers est introduite depuis les années 1990 et renforcée en 2005. Elle conjugue ses effets à ceux du ralentissement démographique pour conduire à une baisse de la consommation d'eau qui pèse sur les recettes et sur l'équilibre budgétaire. Dans le même temps, certains usagers restreignent leur recours au réseau. Dans le cas de Sfax, deuxième ville du pays, des usagers industriels utilisent des puits et des systèmes de réservoirs individuels traditionnels recueillant l'eau de pluie se développent chez les particuliers. Ces mutations ne semblent guère prises en compte par l'opérateur, alors qu'elles soulèvent des enjeux en termes de santé publique et de modèle économique. |