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Dix-huitième siècle, Les dictionnaires en Europe, numéro dirigé par Marie Leca-Tsiomis, 38 (2066) 283-302.
" L'esprit des langues dans le Dictionnaire Universel de Trévoux (1704-1771) "
Chantal Wionet 1
(2066)

La première partie de l'article revient sur les différences radicales des trois premiers monolingues, et plus particulièrement entre le Dictionnaire de l'Académie françoise (1694) et le Furetière (1690). Ce dernier souhaite promouvoir une langue abondante : il remplace les mots des régions, ceux du passé ... propres à la copia du XVIe siècle par les mots techniques et ceux des artisanats, liés aux nouveaux modèles économiques. La démarche est proprement libérale, lorsqu'il déclare que son dictionnaire " ne décide rien sur la langue ". Trévoux (deuxième partie) s'inscrit dans cet héritage mais procède à un certain nombre de déplacements. Il ne s'agit plus de batailler, comme ce fut le cas pour Furetière, contre une certaine idée de la langue commune, mais de fonder une langue française susceptible de s'aboucher avec d'autres langues et d'autres cultures, Trévoux étant fondamentalement catholique et universel. Dans ce contexte, le récit qui s'entame ici de la langue française est celui de l'imposition de ses caractéristiques, langue universelle et langue politique de l'Europe. Ces différences et déplacements permettent de réfléchir sur la différence entre commun et universel, puisque dans le programme académique la langue se suffit à elle-même, alors que le Trévoux confronte et lie sans cesse, à travers notamment son fonctionnement énonciatif très singulier.
1 :  Centre Norbert Elias (CNE)
CNRS : UMR8562 – École des Hautes Études en Sciences Sociales [EHESS] – Université d'Avignon – École Normale Supérieure - Lyon
Sciences de l'Homme et Société/Linguistique
Furetière – Trévoux – Académie française – langue commune – colinguisme – langue politique – langue publique