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Conserveries mémorielles, 12 (2012) http://cm.revues.org/1168
L'État de tous les spectateurs. Penser les publics dans les réformes khrouchtchéviennes de l'exploitation cinématographique soviétique (1953-1968)
Irina Tcherneva 1
(2012-04-05)

Au début des années 1950, le monde du cinéma est un des domaines où se déploient les projets réformateurs du gouvernement soviétique : développement économique de la production et de la distribution; modernisation et remise à niveau des conditions de projection. La formule n'est plus tabou, l'administration cinématographique l'affirme publiquement : " Le cinéma est aussi un commerce ". Les mesures réformatrices se voient ainsi justifiées par la dénonciation, par les spectateurs, de l'inefficacité esthétique et économique du cinéma de la fin de l'époque stalinienne. Les plans financiers des salles de cinéma étant fondés sur un nombre absolu de spectateurs et de séances organisées, l'administration cherche à définir la figure du spectateur soviétique au regard des publics occidentaux. Les méthodes de mobilisation des spectateurs, qui datent des années 1920, sont également reprises afin d'identifier la demande. La tentative de rétablir un lien entre la diffusion et la production révèle une mauvaise connaissance des préférences des spectateurs, des résistances structurelles de l'institution cinématographique, et la persistance des valeurs quant au rôle social qu'est censé jouer le cinéma en URSS.
1:  Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC)
CNRS : UMR8083 – École des Hautes Études en Sciences Sociales [EHESS]
Humanities and Social Sciences/Sociology

Humanities and Social Sciences/Art and art history
service cinématographique – consommateur – visionnement public – commande sociale – commande d'État