L'Algérie vit aujourd'hui un drame collectif et une tragédie d'une grande ampleur. Des dizaines de familles sont endeuillées chaque jour, des centaines de femmes sont veuves chaque semaine et des milliers d'enfants perdent leur père chaque mois. Que ce soit des islamistes, que ce soit des militaires tombés en service commandé, ce sont des hommes et des femmes qui ont droit à la vie. L'ampleur du désastre humain requiert de produire une réflexion dans laquelle il n'y a pas de tabou. L'Algérie est un moi collectif et il faut le regarder en face, tel qu'il est. Le dossier sur les droits de l'homme, préparé par l'hebdomadaire La Nation, en mars 1996, et que les Algériens n'ont pas lu à cause de la censure, et le récent rapport d'Amnesty International (novembre 1996) inspirent de la honte face à la tragédie vécue par des milliers d'innocents. La situation de non-droit qui prévaut exige cependant, malgré l'horreur qu'elle inspire, une analyse rigoureuse pour comprendre ce drame dans lequel est prise au piège toute la population. |