| -- Appelant à résister par tous les moyens à la sécession de la Messénie, après la défaite de Leuctres en 371, l'Archidamos d'Isocrate a généralement été considéré comme un discours politique de circonstance ou, à l'inverse, comme un exercice rhétorique gratuit. L'étude propose d'y déceler plutôt la mise en intrigue, à partir d'un cas concret, d'une question fondamentale de la théorie politique grecque : les rapports que la cité doit entretenir avec son territoire. Le questionnement d'Isocrate s'appuie explicitement sur un certain nombre de modèles issus du passé. L'article propose d'y ajouter deux parallèles implicites, l'un textuel - l'Anabase de Xénophon -, l'autre plus social et institutionnel - la cryptie lacédémonienne. En retour, ces rapprochements permettent de mieux comprendre pourquoi Isocrate élit le jeune prince Archidamos comme porte-parole de son discours. |