| Cet article examine les développements des formes contemporaines du dialogue islamo-chrétien dans le contexte égyptien des années 1970-1990. L'Egypte constitue en effet un très bon point d'observation des dynamiques à la fois spirituelles et politiques du dialogue interreligieux, non seulement du fait de sa position de centralité au sein du monde arabe et musulman, mais également du fait de la présence d'une communauté chrétienne autochtone, les coptes, fortement minoritaire mais qui occupe néanmoins une place importante tant sur le plan historique que sur le plan symbolique au sein de la nation égyptienne. Toutefois, la manière dont cette dernière se définit a évolué au cours de la période considérée, du fait de la mise en avant d'un référentiel spécifique répondant au puissant mouvement de « réislamisation » qui caractérise la société égyptienne post-nassérienne. Un autre facteur important est la présence en Egypte, au Caire principalement mais également en province, d'institutions éducatives et académiques affiliées à la catholicité latine. Pour toutes ces raisons, l'Egypte constitue donc un très bon terrain de recherche en vue d'une analyse empirique des enjeux non seulement religieux mais également, et peut-être surtout, politiques de la confrontation, sur le mode du dialogue, entre Islam et Christianisme dans le monde contemporain. |