| Le projet de Déclaration des Droits des Peuples Autochtones aurait dû être adopté lors de la décennie que leur consacra la communauté internationale (1995 2004). Cet article, écrit dans le contexte de la 10ème séance du groupe de travail (2004) présente tour à tour les enjeux du projet de Déclaration et les acteurs impliqués, pour examiner le rôle des États américains dans le développement des négociations et l'impact de leurs positions sur l'évolution des contenus. Diverses stratégies régionales émergèrent, au cours du processus dans le but de peser sur le contenu de certains articles. Face à différentes pressions, les organisations amérindiennes et du reste du monde tentèrent de maintenir un consensus, qui joua alors et joue toujours un rôle clé dans l'affirmation des revendications et la construction d'une voix collective. Elles étaient plus ou moins proches des Etats latino-américains qui, en tant que groupe (GRULAC), soutenaient le projet de déclaration, tandis que d'autres Etats contestaient activement la portée et la définition de plusieurs droits collectifs, et toute contrainte de mise en oeuvre. Ce positionnement stratégique répondait à deux enjeux principaux : ne pas bousculer les efforts engagés en Amérique Latine aux niveaux constitutionnel, politique et social ; ne pas céder devant les " Etats puissants " qui, à l'image des Etats-Unis, souhaitaient imposer leur propre conception du droit face à l'invention d'une nouvelle génération d'instruments légaux internationaux. |