| Cette réflexion sur la mise en région(s) de l'histoire en Europe centrale et orientale part du principe que ni l'État en lui-même ni une région historique ne peuvent prétendre à un statut "naturel" au regard de l'enquête historique et plus largement dans les sciences sociales. La perspective particulière retenue ici est celle de la sécurité, au sens traditionnels de ce terme : sécurité intérieure et sécurité extérieure. Or de ces deux points de vue il semble a priori impossible de définir une Europe centrale ou orientale autrement que par défaut pour la période retenue (1918-1989), voire plus largement. Et la prédominance de l'État semble interdire de penser une région transnationale autrement qu'en termes géopolitiques. Mais la réflexion, s'appuyant sur des sources de natures diverses (archives de services secrets et archives administratives et politiques notamment), montre qu'il est possible de dépasser le constat des oppositions entre élites nationales de la région centre-européennes et de construire une région sur la base de similitudes significatives entre les perceptions sécuritaires. Ceci amène à envisager aussi les contours de l'Europe centrale dans le cadre de l'Europe médiane et à ouvrir la voie à de nouvelles cartographies qui restent embryonnaires. |