| Deux voies relient Damas à Soueida, chef-lieu du Jebel al-Arab. L'une contourne l'immense plateau du Léjâ à l'est, passant non loin de Shahba, l'ancienne Philippopolis, l'autre contourne et traverse le Léjâ par le sud, reliant Soueida à l'autoroute Damas-Amman. Aux abords de Soueida, d'étranges monuments ponctuent le paysage. Obélisques en béton armé, gigantesques sculptures de bric et de broc sur socle en béton banché, modèles réduits d'avions ou d'hélicoptères en fer blanc couleur camouflage, tanks stylisés et bustes en bronze, aigle en basalte protégeant le drapeau syrien de ses ailes éployées, animent le bord des routes de cette région agricole. Concentrés dans le mohafazat de Soueida, sous le nom de mashad (martyrium), ces tombeaux abritent la dépouille de militaires morts en martyr (shahîd, pl. shuhadâ') lors des conflits qui, dans les années 1970-1980, opposèrent la Syrie à Israël. Les douze premiers monuments repérés à l'occasion d'une prospection qui en a recensé une cinquantaine sont présentés dans la première partie de cette contribution. Dans un second temps, une analyse de leur mise en scène « à l'antique », de leurs formes et des symboles employés nous permets de replacer ces monuments dans un contexte national – syrien – et communautaire – druze. |