La grande majorité des quelques 300 langues de la famille tibéto-birmane ont des systèmes de numération décimaux, comme leurs grandes voisines, le chinois et les langues indo-aryennes de l'Inde. Après une enquête poussée, on peut découvrir dans certaines de ces langues d'autres principes d'organisation des nombres. Si certaines de ces formations sont isolées, comme dans les cas de réfection de systèmes en voie de disparition, d'autres sont régulières et révèlent des systèmes plus anciens où les groupements par 4, 5 ou 12 étaient plus courants. Le dzongkha, langue nationale du Bhoutan, préservé par son isolement géographique et politique, a conservé l'un des systèmes vigésimaux les plus complets qui soient, avec des noms simples pour les puissances de la base jusqu'à 160 000. Certains principes rares de construction des nombres comme l'utilisation de fractions à l'intérieur d'un nombre complexe, ou l'expression du nombre par protraction, sont largement attestés en tibéto-birman. Des enquêtes de terrain poussées sont urgentes pour recueillir ces systèmes qui disparaissent rapidemment sous les efforts conjoints des éducateurs occidentaux, et des locuteurs eux-mêmes, tous deux persuadés que ces systèmes "archaïques" sont un frein sur la voie du progrès. |