| Cet article se propose d'analyser les transformations des rapports entre l'univers syndical et l'univers politique. Cette question peut être abordée par l'étude des pratiques d'engagements multiples des militants. Mais cette dimension, aujourd'hui en déclin, doit être complétée, par l'analyse des formes d'articulation entre syndicats et partis, notamment dans leurs conceptions de leurs champs d'intervention. La CGT et la CFDT se sont appliquées à redéfinir, dans leurs discours, les limites de l'intervention syndicale, liant leur légitimité à agir dans le domaine des relations professionnelles à une conception de celui-ci comme un espace autonome, préservé du politique. A l'opposé, le PS et l'UMP n'hésitent pas à intervenir dans les débats syndicaux, se réappropriant une partie des propositions et se posant en détentrices du savoir sur le « bon modèle » de syndicalisme à promouvoir, ce qui prive justement les syndicats de cette autonomie qu'ils prétendent leur reconnaître. |