| La sociologie de la connaissance mertonienne admet que l'ethos puritain a favorisé, au XVIIe siècle, l'usage de la méthode expérimentale. Les travaux récents de sociologie de la connaissance scientifique postulent soit la continuité entre contenus scientifiques et croyances sociales, soit la détermination causale des premiers par les secondes. Cet article, qui analyse les raisons de l'essor de l'optique au studium d'Oxford au XIIIe siècle, s'écarte de ces explications, en se focalisant sur l'étude des rapports entre l'optique et la métaphysique de la lu-mière développée à Oxford. Appelons "photisme" l'ensemble de ces croyances (valorisation des phénomènes optico-lumineux, extension des catégories de l'optique à d'autres phénomènes, rapport de ces catégories avec l'expérience spirituelle). L'étude des textes de Grosseteste, Bacon et Pecham montre que le photisme oxonien ne comporte aucun élément accréditant, soit le rôle d'un ethos scientifique médiéval, soit une indistinction de l'optique et du photisme, soit une détermination causale des contenus de l'optique par le photisme. Apparenté à l'effet "boule de neige" de Schelling, l'effet d'orientation offre une explication concluante de l'intérêt porté à l'optique: il rend compte du fait que le jugement d'intérêt se fonde sur les ressources cognitives de l'acteur |